Vous trouverez dans ces pages un ensemble de documents d'archives régulièrement remis à jour : des extraits de livre, des dossiers, des argumentaires, d'anciens articles parus dans lanationfrancaise.net depuis sa naissance en janvier 2007.

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Pour la défense de l’intérêt général

Sous le titre «  la révolution de la fonction publique est une forfaiture », l’ancien ministre communiste de la fonction publique et des réformes administratives Anicet Le Pors a parfaitement décrit et analysé ce que le gouvernement libéral et anti-national de Sarkozy est en train de vouloir mettre en œuvre en tentant de détruire un édifice social de solidarité et les statuts de la fonction publique garants de nos libertés, de l’égalité des citoyens devant la loi et de protection des fonctionnaires contre l’arbitraire politique.

Si vous souhaitez réagir à cet article du Monde, n'hésitez pas.

D.J.

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Voici l’intégralité de ce texte paru dans le Monde le 26 septembre 2007 .

 « L’intérêt général est en France une catégorie noble, éminente, distincte de la somme des intérêts particuliers. Il s'ensuit une distinction franche entre le public et le privé, que matérialise dans notre pays un service public important, fondé sur des principes spécifiques (égalité, continuité, adaptabilité, laïcité), et une fonction publique qui en est le coeur.

C'est dans cet esprit qu'a été élaboré à la Libération le premier statut général des fonctionnaires démocratiques, institué par la loi du 19 octobre 1946, et qu'a été mise sur pied en 1983-1984 une fonction publique "à trois versants" (Etat, collectivités territoriales, établissements publics hospitaliers) faisant relever du statut général 5,2 millions d'agents publics, soit près du quart de la population active, placés, en raison de leur service d'intérêt général, dans une position statutaire, réglementaire et non contractuelle.

Trois principes ont présidé à cette construction. Le principe d'égalité, fondé sur l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "Tous les citoyens étant égaux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents." Nous en avons déduit que seul le concours permet, en droit, d'assurer l'égalité d'accès des citoyens à la fonction publique.

Le principe d'indépendance, conduisant à distinguer le grade, propriété du fonctionnaire, de l'emploi, à la disposition de l'administration, afin de protéger l'agent public (et par là le service de l'intérêt général) de l'arbitraire administratif et des pressions politiques partisanes. C'est ce que l'on appelle le système de la carrière opposé au système de l'emploi en vigueur dans nombre de pays anglo-saxons.

Le principe de responsabilité, fondé aussi sur la Déclaration de 1789, qui dispose en son article 15 que : "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration." Il s'ensuit que le fonctionnaire, parce qu'il est soumis à cette obligation de service du bien commun, doit avoir la plénitude des droits et devoirs du citoyen et non être regardé comme le sujet du pouvoir politique ou le rouage impersonnel de la machine administrative.

C'est cette histoire et cette conception française du service public et de la fonction publique qui fait qu'en France la corruption y est réduite à l'extrême et que son efficacité est reconnue dans le monde. Le président de la République, à l'évidence dépourvu de cette culture, a entrepris de la mettre à bas. Il n'a pas été mandaté de quelque manière que ce soit à cette fin, contrairement à ce qu'il affirme en ce domaine et en d'autres, comme si son élection lui avait délivré un blanc-seing sur toute question qu'il se réserverait le droit d'évoquer.

Le contrat contre le concours

Le statut général des fonctionnaires a déjà subi de graves atteintes. C'est ainsi que la loi Galland du 13 juillet 1987 a réduit la comparabilité de la fonction publique de l'Etat et de la fonction publique territoriale, et par là les possibilités de mobilité de l'une à l'autre. A la même époque, la troisième voie d'accès à l'ENA, ouverte à des syndicalistes, des dirigeants d'associations et des élus locaux ayant fait la preuve de leur attachement à l'utilité commune, a été supprimée ; le droit de grève des fonctionnaires a été placé sous des contraintes restrictives ; le recours aux personnels contractuels a été élargi en infraction au statut général dans un contexte de privatisation et de déréglementation qui n'a pas cessé depuis.

L'entreprise annoncée aujourd'hui est autrement grave. En dénonçant le "carcan du concours" et en le mettant en balance avec le contrat, à l'instar de ce qui a été fait à La Poste, à France Télécom ou au GIAT avec les résultats que l'on sait (bureaucratie, division du personnel, financiarisation des objectifs), en prônant l'individualisation des rémunérations pour mieux esquiver les demandes de revalorisation de l'ensemble des organisations syndicales et encourager le clientélisme partisan sous prétexte de reconnaissance du mérite, en encourageant les départs de la fonction publique au bénéfice d'un humiliant "pécule", le président engage une véritable "contre-révolution culturelle" sans mandat du peuple français. Cela s'appelle une forfaiture.

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...De Gaulle au Québec : des fleurs de lys sur l'asphalte.

Vive le Québec libre !
Le lundi 24 juillet 1967, le Général de Gaulle emprunte le chemin du Roy de Québec à Montréal. On avait peint pour l'occasion des fleurs de lys sur l'asphalte, tout au long du parcours. Le soir, devant l'Hôtel de ville de Montréal, à 19 heures 30, De Gaulle salue la foule et prononce un discours où il évoque la libération de la France en 1944. Il conclut par ces mots : « Vive le Québec libre ! Vive le Canada français ! Et vive la France », au grand bonheur de la foule présente. Photo Maurice Cossette.


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texte prémonitoire

En 1981, le royaliste Bertrand Renouvin, docteur en sciences politiques, publiait un livre intitulé "la révolution tranquille" dans lequel il expliquait comment " rompre avec l'impérialisme économique fauteur de chômage et d'inflation '' et comment " détruire la logique d'inégalité ". Voici un court passage de ce texte qui montre que dès ces années là, des voix très variées - sans attendre celles des ''alters'' - s'élevaient contre ce monde de la globalisation libérale, de la mondialisation non maîtrisée qui commençait à faire des ravages.

« Le véritable sens du mondialisme ? Le véritable objectif du libéralisme: faire en sorte que l'argent circule et s'accumule librement de par le monde, quelle que soit l'industrie qui rentabilise le capital, quelle que soit la nation qui l'accueille un temps, quel que soit le pays qu'on asservit et le nombre de travailleurs qu'on exploite. Argent des capitaux flottants, des spéculations boursières, des comptes en Suisse, des comptabilités habiles, qui tire pleinement parti du désordre monétaire international et de l'ordre multinational. Dès lors, peu importe pour ce système clos, étranger à l'intérêt de la nation, séparé de la majorité de ceux qui y vivent, qu'il y ait inflation, chômage, et baisse du pouvoir d'achat. Du moment que l'ordre règne dans la rue, permettant à la classe dirigeante de jouir tranquillement de ses privilèges .... »

Bertrand Renouvin, ‘’La révolution tranquille ‘’ Mars 1981

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L'Europe, une fiction ?

L'écrivain et historien Jean Sévilla - dont nous ne partageons pas l'ensemble des analyses - a publié dans son livre "le terrorisme intellectuel '' un chapitre très intéressant sur l'Europe, intutulé '' les Don Quichotte de la nation ". En voici un passage :

"L’Europe, mais quelle Europe ? Qui serait capable de ne pas espérer une concorde accrue entre des peuples liés par une longue histoire (même quand celle-ci a été conflictuelle), héritiers de valeurs communes, partageant un certain nombre d'intérêts? Qui pourrait ne pas souhaiter un contrepoids à l'hégémonie américaine? Vues de New York ou de Tokyo, des villes comme Madrid, Paris ou Berlin se ressemblent. Et pourtant, Madrid n'est pas Paris, Paris n'est pas Berlin. Ce sont des capitales. La nation, cette « étrange figure» comme dit Alain Minc, existe. En Europe, chacune possède sa personnalité, sa spécificité, son caractère. Entre elles, tous les accords binationaux ou multinationaux sont imaginables, et même fructueux: Ariane ou Airbus constituent d'exemplaires réussites européennes. Afin d'organiser la coexistence, la coopération et le dialogue de ces nations, des institutions sont nécessaires. L’Europe, il faut la faire. Mais il ne faut pas faire comme si elle était faite : il n'y a pas de peuple européen, il n'y a pas de nation européenne. Toute construction qui procède comme si les anciennes nations avaient disparu est artificielle. Elle nie le réel. Aujourd'hui, tout se déroule comme si l'Europe, plus qu'un dessein politique graduel, représentait une foi dont les dogmes ont force d'obligation. Depuis la signature du traité de Rome, en 1957, la construction communautaire n'a fait que se resserrer. Jean Monnet, son concepteur, était un libéral de culture anglo-saxonne. Il était persuadé que la nation était dépassée, qu'elle incarnait une « forme ancienne de pensée ». A l'ère de l'interdépendance économique, pensait-il, l'Etat souverain est inutile. Transposant ses idées au niveau institutionnel, croyant au rôle unificateur de l'économie, Monnet imaginait l'Europe comme le meilleur moyen d'abaisser les frontières, afin d'élargir les marchés… ."

Jean Sévilla, ''Le terrorisme intellectuel'', Tempus, 2004.

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Une autre Nation Française

Pour une partie de la génération des années 50 et 60, qui s'intéressait à la politique et considérait que les lunes marxistes, tout comme les absurdités libérales ne seraient qu'une petite phase nuisible de l'histoire, le journal hebdomadaire La Nation Française constitua un havre de paix et d'intelligence tranquille. Sous le beau logo du peintre Georges Mathieu s'épanouissait une nouvelle génération d'intellectuels, d'écrivains, d'artistes qui n'étaient plus totalement corsetés par les idées nationalistes maurrasiennes étriquées.

Ce journal, fondé par le philosophe Pierre Boutang, se proposait de renouveler les doctrines du nationalisme, en adoptant un langage moderne, en se constituant comme une école ouverte qui allait pouvoir accueillir en son sein non seulement les plus progressistes des intellectuels qui avaient rompu avec l'Action française d'avant la guerre - et sa pire période vichyste - et ne se reconnaissaient en rien dans l'antisémitisme mai aussi des écrivains proches du gaullisme voire issus de la gauche républicaine attirée par cette mouvance qui mettait la nation au coeur de son projet politique.   

Notre Nation Française n'a pas de rapport direct avec le projet éditorial qui était celui  de Pierre Boutang, de Philippe Ariès, de François Léger ou de Gabriel Marcel à laquelle les Blondin, Nimier, Thibon, La Varende, Andreu, Monnerot ou Despuech s''associèrent.

Les temps ne sont plus les mêmes, les défis de cette époque - notamment concernant le partage du monde ou la domination soviétique - ne sont plus d'actualité. La posture coloniale de la France non plus. Sur ce terrain, la Nation Française (version 50-60) devait épouser des thèses gaullistes qui lui valurent bien des attaques de la droite extrême.  

Rendons hommage à ces journalistes courageux qui innovèrent, tout comme le firent pendant des décennies ceux qui publièrent le quotidien Combat qui n'a pas connu de successeur et dont la presse française reste orpheline encore aujourd'hui.

François Vivarais

doc

Historique de la première

Nation Française

La Nation française (1955-1967), hebdomadaire royaliste français dirigé par le journaliste et philosophe Pierre Boutang.

Après avoir collaboré à l'hebdomadaire Aspects de la France (qui prend la succession de L'Action française à partir de 1947), Pierre Boutang, accompagné du journaliste Michel Vivier et d'un groupe de jeunes rédacteurs, fait scission en novembre 1954. L'équipe reproche aux héritiers orthodoxes du maurrassisme de fossiliser le royalisme, de renoncer à toute attitude offensive et critique vis à vis du passé, de ne pas oeuvrer pour la réconciliation entre les deux France, celle de la Résistance et celle, qui tout en rejetant la collaboration, est restée fidèle au maréchal Pétain.

Ils décident alors de fonder un nouvel hebdomadaire royaliste : La Nation française dont le premier numéro paraît le 12 octobre 1955. L'équipe du journal se propose de rajeunir et de rénover le royalisme, de défendre un nationalisme moderne, en s'appuyant sur les faits du temps présent, en appelant de ses voeux la constitution d'un nouvel esprit public et d'un "parti des politiques", en accueillant sans ostracisme les Français de droite et de gauche qui souhaitent agir selon le seul intérêt national. Sans renier sa filiation aux idées de Charles Maurras, la Nation française exerce un droit d'inventaire sur la pensée du vieux maître, rejette clairement tout antisémitisme, s'adjoint le concours et ouvre le dialogue avec d'autres traditions politiques (personnalisme chrétien, gaullisme, socialisme...). Elle attache une grande importance aux questions sociales et plaide pour une modernisation en profondeur de l'organisation économique du pays.

Violemment opposé aux institutions et aux hommes de la IVe République et ardent défendeur de l'Algérie française, l'hebdomadaire se rallie au général De Gaulle à partir de 1958 et appuie les initiatives en direction du nouveau régime prises par le Comte de Paris, prétendant au trône de France. La Nation française interrompt sa publication en 1967.

Malgré son existence éphémère, cet hebdomadaire royaliste aura une influence réelle sur les milieux intellectuels attachés à la modernisation de la France, la préservation de ses valeurs et de son influence dans le monde. Il exercera également une action bénéfique sur le royalisme français, en rénovant ses bases et en rejetant toutes ses dérives vichystes, antisémites ou intégristes. Elle permettra ainsi l'aggiornamento auquel procédera quelques années plus tard la jeune équipe de journalistes, d'écrivains et de philosophes qui fondera, autour de Bertrand Renouvin, Gérard Leclerc et Yvan Aumont, la Nouvelle Action royaliste.

Ce texte figure sur ce site Wikipédia de La Nation Française, 1ère version. Celle de Boutang, qui se séparait du vieil esprit d’AF.

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