L'exemple belge
Ce n'est pas une mauvaise blague. Les Français devraient en prendre de la graine. En voyant ce défilé organisé à Bruxelles, pour protester contre la vie chère ; les souverainistes attachés à un certains nombre de valeurs de solidarité ( celles héritées tout simplement du programme du Conseil national de la Résistance par exemple ! ) devraient oeuvrer pour que pareille initiative puisse avoir un écho chez nous.
Car quoi ? Voilà un pays au bord de la fracture, (du fait de flamands réactionnaires mais dont la population majoritairement souhaite poursuivre cette expérience unique, nationale, royale et fédératrice) qui se paye le luxe, alors que les tractations politiques sont au point mort, d'accueillir une manifestation dans sa capitale pour dénoncer les augmentations vertigineuses des prix des produits les plus courants : de l'épicerie au carburant en passant par le logement et le textile. Les trois grandes confédérations syndicales (socialiste, chrétienne et libérale) étaient sur la même ligne : la crise gouvernementale belge vient aggraver la situation des plus vulnérables. Mieux, tous les syndicats (qui restent les seules organisations à ne pas avoir cédé aux sirènes du communautarisme linguistique et culturel) ont souhaité que le principe de l'assurance sociale sur le mode de la répartition universelle (et non région par région comme le suggèrent certains partisans de la partition...) soit conservé et même renforcé.
Ils étaient plus de 20.000 à s'exprimer en ce sens dans les rues de Bruxelles. Les Belges, malgré leurs difficultés que nous espérons passagères, nous montrent ainsi la voie.
Pour construire des convergences syndicales et sociales, il ne suffit pas de coller à " l'agenda gouvernemental " ou de courrir derrière les luttes qui se développent sporadiquement ici ou là. Il faut que les directions syndicales prennent la tension de la société - et la question de la vie chère depuis le passage à l'euro est une réalité que les acteurs sociaux ne prennent pas encore assez en compte ! - et construisent des convergences avec les associations de consommateurs et de locataires afin que cette question centrale de l'appauvrissement de la société française soit enfin révélée et prise en compte réellement. Les données livrées par le Nouvel Observateur sur l'évolution des prix dans les grandes surfaces sont assez édifiantes. Il faut partout poursuivre cette politique de traque des mensonges de certains commerçants et de l'Etat sur notre pouvoir d'achat.
François VIVARAIS
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Démagogie sur le " pouvoir d'achat "
Les jours passent et la presse aux ordres se fait entièrement circonvenir par des mesurettes et des effets d'annonce qui, une fois l'actualité passée, ne seront suivis par rien.
Le débat sur le pouvoir d'achat est la preuve de ce dérèglement du fonctionnement de notre système. D'un côté une réalité tangible à laquelle personne ne peut se soustraire : " la vie chère ", l'augmentation des prix des produits de base depuis quelques années, accélérée par le passage à l'euro qui a fait perdre tous les repères traditionnels, chez les consommateurs comme chez les commerçants dont certains abusent. De l'autre la démagogie ambiante qui prétend en quelques décisions ciblée faire disparaître ce " sentiment de perte de pouvoir d'achat ". En trois clics, le pouvoir sarkozien invente de nouvelles règles, s'affranchit des lois, prend des décisions à la place des patrons, ne tient absolument pas compte des revendications des partenaires sociaux, des acteurs de terrain, des associations.
Parmi ces annonces grandiloquentes, deux sont très symptomatiques. Premièrement, la possibilité de se faire payer les jours de RTT (liés aux 35 heures), sans indiquer que ces dernières ont été négociées dans le cadre d'une loi et ensuite d'accords de branches ou d'entreprises avec des avantages pour toutes les parties. Deuxièmement, une prime dans les entreprises de moins de 50 salariés, fixée arbitrairement à 1000 euros pour les salariés ne bénéficiant pas des 35 heures. Je me tourne de tous les côtés et je ne crois pas connaître un seul chef d'entreprise capable en ces temps de croissance molle d'offrir une enveloppe de primes de plusieurs milliers d'euros à ses salariés. Bref, voici une annonce aussi stupide qu'irréaliste.
Il faudrait aussi analyser en détail les mesures annoncées sur le logement. Quelle démagogie là encore, vis à vis des locataires des HLM à qui le gouvernement fait miroiter l'accession à la propriété alors que beaucoup d'entre eux ne peuvent même pas boucler leur fin de mois avec des salaires qui parfois - comme dans la grande distribution - ne dépassent même pas le Smic ! Quelle indécence de la part de l'ancien maire de Neuilly et président de l'UMP, parti crypto-mafieux à Paris autrefois , d'affirmer que la situation des locataires HLM serait revue tous les trois ans pour éviter les abus !
François VIVARAIS
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Marché et (dé)régulation
30 novembre
Le Parti socialiste, après avoir évoqué La Nation, lors d'un premier forum de la rénovation, souhaite s'attaquer au thème du marché et de la mondialisation. Vaste programme. Dans les documents de travail qui circulent mais aussi dans les débats publiés par l'hebdo des socialistes, on peut lire des interventions étonnantes de naïveté mais aussi des aveux comme celui de Harlem Désir :" le marché a changé, il s'est mondialisé, financiarisé et cette évolution s'est accompagnée d'une offensive idéologique qui a prétendu qu'à l'âge de la mondialisation, la seule possibilité de surnager dans la compétition serait d'accepter un marché sans encadrement, totalement libéralisé. En somme, il faudrait renoncer à tous les éléments du compromis social bâti dans le cadre de l'Etat-Nation."
Plusieurs éléments sont à retenir dans cette intervention du secrétaire national en charge des questions de mondialisation.
D'abord il affirme que la mondialisation a eu pour conséquence une offensive idéologique. Mais, il en définit mal les contours. Non seulement, elle a tenté et tente encore - mais cela est vrai depuis Michel Debré et son constat de la " guerre économique " - de déréguler les sociétés occidentales mais elle tend aussi à promouvoir comme modèle de développement et d'acceptation salariale et sociales les pays dits " émergents", jugés plus dynamiques et dont les populations souscriraient à cet élan !
Deuxièmement, le responsable socialiste reconnaît en creux que le pacte social, en France mais également dans d'autres pays européens, a été négocié, discuté, combattu et finalement appliqué dans le cadre de l'Etat-Nation. L'empirisme le démontre : les acquis sont nationaux, les régressions sociales sont supra-nationales. Voilà qui pourrait faire réfléchir Harlem Désir et les autres députés socialistes européens.
Enfin, je ne crois pas que la seule ligne d'un aménagement du marché et l'établissement d'une séparation entre l'intérêt général (l'éducation, la santé, le vivant, l'environnement ou la culture) et les lois du capitalisme marchand sufissent à faire progresser la civilisation.
1/ Tout faire sur le plan des institutions internationales pour que les pays dont la production à bas prix pèsent sur la croissance des autres n'est pas qu"un voeux pieux.
2/ Il faut rétablir des barrières, qui ne soient pas que douanières mais aussi sociales. Faire en sorte que Chinois et Indiens accèdent peu à peu à un niveau de rémunération qui ne soit plus totalement suréaliste, contraindre les patrons européens qui font des profits en important des produits à bas prix soient sanctionnés pour leur attitude négrière, rétablir aux frontières de l'Union européenne des contrôles renforcés, harmoniser les politiques fiscales et sociales vers le haut en Europe mais aussi, petit à petit dans l'ensemble des pays manufacturiers : cette direction ne paraît pas idéaliste.
3/ Il faut en même temps tenir aux Français un langage de vérité. Au lieu de les inciter à baisser la tête, à ne plus rien revendiquer, à écouter les mêmes discours depuis vingt ans sur le manque de compétitivité des entreprises (et donc en filigrane des salariés), il serait plus utile de leur faire toucher du doigt, pédagogiquement, les ressorts de la compétition internationale. Au lieu de vivre dans l'angoisse, au lieu de considérer les masses chinoises ou indiennes comme des ennemies, il serait légitime de les inciter à la solidarité. Finalement, ces travailleurs aux maigres revenus sont comparables à nos ancêtres qui vivaient chichement du fruit de leur travail avec des règles sociales encore à l'état d'ébauche.
L'Occident de la révolution industrielle a fait travailler les enfants, il a connu les bas salaires et la pression exercée par le patronat. Il faut que les salariés français soient patients pour deux, soient vigilants aussi pour deux sur les lois sociales car le modèle que proposent certains éléments du Medef est absolument effrayant. Ils veulent récupérer en dix ans tout ce qui a été construit en cinquante, sous prétexte de cette " guerre " internationale à laquelle il ne veulent bien évidemment pas mettre fin !
A l'opposé de ces politiques attentistes, suivistes qui considèrent que la politique n'a pas d'impact, il faut promouvoir de nouvelles règles internationales bien entendu - et la France a les moyens de se faire entendre avec d'autres - ne plus laisser l'Europe technocratique défaire par pans entiers les législations les plus favorables aux travailleurs, engager une réflexion sur le pouvoir dans les entreprises, la participation, et la représentativité syndicale afin que dans les négociations ou les rapports de force une autre voix que celle du renoncement et de l'impuissance puisse enfin se faire entendre.
François VIVARAIS
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20 novembre
attention à ne pas créer la haine...
La France est entrée depuis une grosse semaine dans une séquence d'agitation sociale : avenir des salariés concernés par les régimes spéciaux, malaise de l'ensemble des fonctionnaires sur la question du pouvoir d'achat, inquiétude des étudiants confrontés à une réforme de l'enseignement supérieur votée à la va-vite pendant l'été et, plus généralement, une impression diffuse d'être face à un pouvoir autiste qui continue à lancer son train de contre-réformes sans se soucier des conséquences non seulement sur le climat social - ce qui est conjoncturel - mais sur la physionomie de la France, ce qui nous importe plus, ici, à la Nationfrancaise.net.
De plus, si l'on écoute les déclaration de Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP et grand pourvoyeur de c....ries, face aux " grévistes minoritaires ", il faudrait que les Français hostiles aux blocages se mobilisent. Si l'on suit le " raisonnement " du dirigeant du parti sarkozien, il en appelle " aux foules " pour contraindre les cheminots à reprendre le travail. On devine bien une forme de fébrilité chez les dirigeants de la droite conservatrice néo-libérale : vivement la mise en application de la loi sur le service dit " minimum " afin que les transports en commun ne soient plus soumis à des " minorités de gauche ", dont le seul objectif est de prendre les usagers en otage. Las, cette loi ne changerait pas grand chose. Tout le monde en convient. Et puis, ce n'est pas le problème de fond.
Un parti de gouvernement disposant d'une majorité largement élue ne devrait pas tenir un tel discours de haine et d'affrontement. A moins de faire des régimes spéciaux - désignés à la vindicte des spectateurs du 20h de TF1 - et avec eux, une ou deux catégories de salariés, le symbole suprême d'une " France des priviléges ". Alors que les sujets de révolte sont aillleurs. En nouS bassinant ( excusez l'expression triviale ! ) sur ces questions de " régimes spéciaux ", l'Etat et ses relais conditionnent l'opinion : exit le traité Sarkozy sur l'Europe qui porte dans ses gènes la trace du libéralisme giscardien, exit l'échec du " choc de confiance ", exit les cadeaux fiscaux. La contre-réforme des régimes spéciaux, si elle est conduite comme l'espère le pouvoir Fillon, rapportera environ 200 millions d'euros par an, une somme à mettre en balance avec les 300 millions de remboursements aux contribuables riches qui ont bénéficié du bouclien Sarkozy, à mettre en rapport aussi avec les milliards d'euros cette fois que va coûter chaque année le remboursement de la dette et les conséquences des autres allègements votés pendant l'été.
Ce qui rassure, ce sont les mots entendus dans les manifestations ces derniers jours : d'un côté, dans les défilés syndicaux, beaucoup de mises en perspective sur la question des retraites en 2008 pour tous le monde, sur le plan de rigueur qui suivra sans doute les municipales, sur le traité Sarko aussi qui interpelle tous les citoyens soucieux du débat. Dans l'autre défilé - celui de dimanche des " anti-grèves " - s'il ne fallait retenir qu'un message, derrière les slogans un peu grotesques et déplacés, ce serait celui d'un " ras-le-bol ", non seulement contre les " syndicats bloqueurs ", cibles faciles, mais aussi contre l'absence d'un dialogue social apaisé, maîtrisé, non idéologisé : en bref tout ce qui manque à la méthode du gouvernement qui ne semble rien avoir retenu des leçons du passé.
François VIVARAIS
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le scandale patronal de l'UIMM : vers des mises en examen/ 30 octobre
Voici la plus étonnante affaire qui vient de surgir dans le paysage médiatique sans que les grands médias semblent en mesurer l'importance...
Si un parti politique, une association, une OGN avait été soupçonné des mêmes faits, les journalistes d'investigation des journaux réputés sérieux et surtout indépendants auraient dépêché leurs meilleurs limiers. Mais, ce dossier concerne le MEDEF, le mouvement des entrepreneurs de France dirigé autrefois par le baron Seillière et aujourd'hui par Laurence Parisot, alliée objectif et programmatique du pouvoir en place.
D'après nos informations, des mises en examen devraient intervenir dans ce dossier. Il serait temps. Voici des semaines que les policiers spécialisés dans les affaires financières ont mis en évidence des éléments qui peuvent être suffisants pour justifier l'ouverture d'une information judiciaire pour un certain nombre d'infractions.
Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs attesteraient l'existence de fonds secrets et de retraits en liquide destinés à alimenter des caisses anti-grèves et à aider ainsi les entreprises de la branche mais également d'autres branches à faire face aux mouvements sociaux.
Le financement occulte des syndicats de salariés ne serait absolument pas établi et aurait servi d'écran de fumée pour éviter les attaques frontales contre l'ensemble des organisations du Medef.
Les mises en examen vont concerner à la fois les dirigeants actuels de l'oganisation patronale mais également d'autres personnes, compte tenu des dispositions sur la prescriptions.
françois VIVARAIS
- 27 septembre: Les syndicats CFE-CGC, CFDT et CFTC de la métallurgie démentent les "rumeurs" selon lesquelles ils pourraient avoir profité de ces sommes. Le bureau de l'UIMM assure Denis Gautier-Sauvagnac de "sa totale confiance".
- 3 octobre: Des perquisitions ont lieu au siège de l'UIMM, au domicile de "DGS" et chez une femme chargée de certains retraits. Une somme estimée entre 400.000 et 500.000 euros est saisie.
- 4 octobre: La présidente du Medef, Laurence Parisot, maintient Denis Gautier-Sauvagnac à la tête de la délégation du Medef dans la négociation avec les syndicats sur la modernisation du marché du travail.
- 6 octobre: Des sources proches de l'enquête révèlent que la brigade financière a découvert l'existence de deux autres comptes bancaires. - 8 octobre: Laurence Parisot prône une "gouvernance plus démocratique" et "plus de transparence financière" pour les partenaires sociaux.
- 9 octobre: Nouvelle perquisition dans une propriété de Denis Gautier-Sauvagnac. Le ministre du Travail Xavier Bertrand se dit prêt à aborder les questions de la représentativité et du financement des syndicats et du patronat avant 2008.
- 10 octobre: La CGT-métallurgie dénonce "une attaque" qui "tombe à point nommé" contre les syndicats. - 12 octobre: Les policiers saisissent environ 2 millions d'euros dans un coffre loué par l'UIMM.
- 13 octobre: L'analyse de deux comptes à la BNP aurait permis de détecter des retraits de 5,6 millions d'euros sur l'un, et de 4 millions d'euros sur un deuxième, sur une période allant de 2000 à 2007, ainsi que plus 7 millions à la banque Martin-Maurel, soit un total de 16,6 millions d'euros.
- 14 octobre: Le premier secrétaire du PS, François Hollande, estime que "tout le patronat est concerné". - 15 octobre: Denis Gautier-Sauvagnac renonce à son mandat de négociateur au Medef.
- 16 octobre: Le Medef annonce une réforme rapide de ses statuts et l'obligation pour ses adhérents de publier des comptes certifiés. Des perquisitions ont eu lieu aux domiciles de membres de l'UIMM, dont celui de l'ancien président Daniel Dewavrin.
- 17 octobre: Cathy Kopp, DRH d'Accor, remplace Denis Gautier-Sauvagnac comme chef de file des négociations avec les syndicats.
- 23 octobre: DGS annonce quitter la présidence de l'UIMM en novembre, mais restera délégué général.
- 24 octobre: Tracfin estime que Denis Gautier-Sauvagnac ne visait pas un investissement personnel mais n'exclut pas que les fonds aient financé des syndicats ou des hommes politiques.
- 26 octobre: Laurence Parisot estime que rien ne prouve que les présumées caisses parallèles de l'UIMM aient servi à financer les syndicats.
- 29 octobre: Le Medef nomme François-Xavier Clédat, président de Spie Batignolles, chef de file de la délégation patronale de la négociation pénibilité au travail", à la place de DGS.
une rubrique interactive - 27 octobre
Le monde syndical et du mouvement social bouge : nous sommes à l'écoute de toutes les expériences dans ce domaine. D'autant que les projets de revendications, d'expression, de contestation, de proposition ne manquent pas en ces temps étranges.

En tenant compte de l'actualité chargée de ces derniers jours et des projets de "débats " sur ces questions sociales pendant l'été, nous engageons l'ensemble des lecteurs à se manifester. A poser des questions, à engager la discussion sur le contrat unique, sur la défiscalisation des heures supplémentaires, sur la situation des chômeurs et des précaires, sur le non remplacement des fonctionnaires qui partent en retraite, sur la politique qui pointe son nez en matière de formation professionnelle, sur la question de TVA dite " sociale " et sur les projets en matière de santé...
Dans des entreprises et des secteurs entiers de l'industrie et du commerce, des syndicalistes nous ont déjà fait part d'inquiétudes réelles des salariés sur l'ensemble de ces mesures qui confortent la frange la plus libérale de la droite présidentielle sans offrir de perspective pour les salariés comme une forme d'association capital/travail pourrait la dessiner. Nous ne pensons pas à Lanationfrancaise.net que l'idée de satisfaire une toute petite partie de l'opinion publique soit de nature à modifier les tendances de l'économie mondialisée. Les salariés ont leur mot à dire dans cette affaire complexe. Ils ne sont pas que des interlocuteurs râleurs mais beaucoup d'entre eux voudraient s'investir dans de nouvelles formes de participation à l'intérieur des entreprises. Une participation qui ne se limite pas à recevoir une prime ou de gérer un compte bloqué. L'engagement dans ce que l'on pourrait appeler " la citoyenneté sociale " dépasse l'horizon des augmentations de salaire et des négociations sur les avantages catégoriels. Il doit concerner l'ensemble de la vie des entreprises. Les possesseurs du capital doivent le comprendre. Dans leur intérêt bien compris.
François VIVARAIS
Nous contacter pour donner une info dans les domaines qui vous intéressent :redaction@lanationfrancaise.net
- 26 septembre: Le Figaro révèle que le parquet de Paris a été saisi d'une enquête de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances, sur des retraits suspects de quelque 5,6 millions d'euros en liquide réalisés sur demande de Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'UIMM, sur un compte de son organisation à la BNP entre 2000 et 2007. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière. L'intéressé dément toute malversation.l'actualité économique et sociale en flash sélectionnée par François Vivarais
Le 17 octobre 2007 (veille de la grève dans les transports, à EDF et dans d'autres entreprises qui pourraient être frappées par le plan Sarkozy-Fillon.
Régimes spéciaux :
une erreur de méthode
Les consultations ont débuté sur le dossier des régimes spéciaux de retraites (EDF/GDF/Cheminots/ mineurs....) dans un climat plutôt dégradé. Les Français n'ont constaté aucun effet du " choc de confiance " et semblent plus que pessimistes sur la question du moment - le pouvoir d'achat - notamment depuis le passage à l'Euro qui brouille les repères.
Bref, dans ce contexte, il était naturel que les syndicats des agents des différentes entreprises concernées par cette réforme des retraites se rendent au ministère du travail sans enthousiasme. Ils craigent des ponctions, les retraités l'ont bien vu aussi. Personne dans ces entreprises ne semblent devoir gagner à la réforme voulue par Sarkozy, sous prétexte d'égalité, à défaut d'équité.
Ce qui peut surprendre dans ce dossier - outre l'absence de prise en compte des données historiques, culturelles et des spécificités ( pénibilités de certaines fonctions) - c'est la volonté de passer en force, avec un calendrier écrit d'avance, sans aucune marge de manoeuvre. Comme si les organisations syndicales devaient se contenter d'écouter la bonne parole gouvernementale puis aller la contester devant les micros des radios et des télévisions avant la rue
Cette méthodologie, à l'heure où dans d'autres domaines - l'écologie, la pauvreté...- les hommes de ce gouvernement n'ont que le mot Grenelle à la bouche ; cette méthologie donc paraît brutale, spécieuse, inadaptée. Elle laisse un goût amer. Comme si ces dizaines de milliers de salariés et de retraités de ces entreprises respectables qui contribuèrent à l'essor français pendant les trente glorieuses et au delà ne méritaient pas autant d'égard que les contribuables fortunés bénéficaires des meilleures dispositions du " paquet fiscal " et que les voleurs d'EADS, scandale d'Etat.
Ce deux poids, deux mesures est plus que choquant.
François VIVARAIS
Franchises médicales :
le piège. 
Nous donnons volontiers la parole aujourd'hui à un praticien qui a étudié de près la question des déficits de la sécurité sociale et qui s'exprime sur cette question en toute liberté, en insistant sur le sens des mots et en mettant en exergue les logiques libérales qui s'exercent ici comme ailleurs.
Les franchises médicales vont être mises en place finalement. Mais on sent toutefois un malaise ?
Et pour cause ! Cette mesure a été imposée, sans aucun débat. Certes, ce n'est pas la première fois que l'on opère des ponctions sur les actes médicaux mais c'est la première fois que l'on raconte n'importe quoi sur les buts poursuivis par un telle mesure : on nous parle de mesures financières pour résorber les déficits de l'Etat puis de la sécurité sociale, ensuite le Président de la République change totalement d'objectif en évoquant la maladie d'Alzheimer. Puis, l'annonce est réactivée alors que le ministre de la santé dévoile les chiffres du fameux trou : " 12 milliard d'euros ". On devine une politique de communication derrière tout cela...
Que voulez-vous dire : qu'il n'existe pas un vrai problème de financement de la sécurité sociale ?
Je pense que l'on mélange tout : que les dépenses de santé augmentent, c'est tout à fait normal. Nous sommes un pays où l'espérance de vie augmente et où la recherche médicale permet de prévenir des maladies, d'engager des protocoles, de guérir des malades dont les pathologies étaient considérées il y a encore cinq à dix ans comme totalement incurables. Nous progressons dans la prévention comme dans les traitements et toute cette chaîne de soins représente un coût forcément en hausse et personne ne va s'en plaindre. Que voudraient les partisans d'une réduction drastique ? Que nos anciens qui dépassent les 80, 90, 100 ans de plus en plus nombreux, disparaissent ? Que les cancéreux rentrent chez eux et meurent ? Il est tout de même assez paradoxale de vouloir d'un côté encourager la recherche dans tous les domaines - et y compris dans celui des traitements, des labos et des médicaments - et ne pas en mesurer les conséquences sur le terrain, c'est à dire l'accroissement de la durée de vie, donc l'importance et le coût des traitements et de l'accueil en milieu hospitalier pour les plus anciens.
Ok pour le constat : mais comment résoudre la question du déséquilibre de la Sécu ?
Certainement pas en pénalisant ceux qui le sont déjà dans leur corps : les malades, les patients ! Croyez-vous qu'ils sont malades par plaisir ? En ponctionnant - même de " petites sommes " - sur le prix des médicaments et des actes médicaux ou para-médicaux - on stigmatise ceux qui bénéficient de ces actes ou de ces médicaments. On les culpabilise, on leur dit " il faut que vous soyez responsables ", en somme, si vous exagérez, c'est l'ensemble du système de solidarité intergénérationnelle qui est compromis. Et c'est vous, les malades, en abusant, en achetant des médicaments inutiles qui traînent dans les armoires par la suite, qui serez les premiers pénalisés puis les plus fragiles et enfin les générations futures.
Et ce discours sur la solidarité et la responsabilité vous semble dérisoire ?
Evidemment... faire payer les malades pour leur maladie : vous ne trouvez pas cela choquant ! Même si cette mesure est limitée à 50 euros par patient, c'est déjà beaucoup trop : 50 centimes par boîte de médicament, c'est symbolique, cela peut paraître dérisoire sur le moment mais, je pense que d'autres mesures suivront qui aboutiront à une remise en cause totale du système de solidarité de la sécurité sociale.
Mais pourquoi tant de discours idéologique sur cette question ?
La droite libérale (et conservatrice) et de nombreux groupes de pression voient dans cette nouvelle approche de " l'assurance maladie '' ( au sens d'assurance privée et non plus de mutalisation des moyens ) un extraordinaire marché futur avec des millions à draîner. Et du côté du pouvoir, le règlement plus ou moins rapide de cette exception française, permettrait au gouvernement de ne plus avoir à supporter cet éternel fardeau, aussi délicat à manier ( compte tenu de la constance des déficts par ailleurs ) que le poids global de la dette.
Quelle politique - ou plutôt quelle purge alors - pour la Sécurité sociale ?
Prenons ce gouvernement au mot : il veut mener une politique en faveur de la croissance et de l'emploi. Qui dit emploi, dit rentrée de cotisation sociale donc effet positif automatique sur les comptes sociaux. Mais voilà, problème : les heures supplémentaires que " voudraient " effectuer les salariés seront dispensées de charge. Voilà un premier paradoxe. Le second concerne la médecine de ville. Là encore, on a pas expérimenté assez longtemps le dispositif sur les médecins référents qui avaient pris dex engagements sur la dépense de médicaments. Ce dispotif a eu des effets bénéfiques avec une baisse sensible de recours aux médicaments, une responsabilisation mutuelle, partagée et expliquée en quelque sorte...
Et alors, pourquoi cette réponse n'a pas été reconduite ?
A cause d'un certain nombre de groupes de pression, là encore. Ils sont à Bruxelles auprès des élus et des commissions, mais aussi à Paris. Je pense qu'il serait nécessaire de remettre à plat toutes les situations mais aussi de s'inscrire dans la durée. Sans précipitation, sans effet d'annonce qui irrite tout le monde et dresse une fois de plus les gens les uns contre les autres : les valides contre les malades, les patients contre les professionnels de santé, les bénéficiaires de l'assurance maladie contre les personnels de la sécu... Il faut sortir des formules toutes faites et en premier lieu oublier " le trou de la Sécu " afin d'aborder sereinement la question d'une politique de la santé publique qui ne passe nécessairement par l'équilibre. Cet recherche de " l'équilibre " ne doit pas être la nouvelle religion en matière de santé. Ce serait absurde et pourrait même conduire à des catastrophes sanitaires.
Propos recueillis par François Vivarais.
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Un rideau de fumée - 5 août 2007
Je vous livre le contenu de l’intervention de Christian Eckert, député socialiste de Meurthe-et-Moselle, le 30 juillet dernier lors du débat à l’assemblée d’examen de la soi-disant loi sur le service garanti ou minimum qui n’est qu’un « rideau de fumée », comme l’explique ce parlementaire dont le propos est intéressant et documenté. F.V
"Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, Le projet de loi soumis aujourd'hui à notre discussion marque un virage dangereux dans de nombreux domaines de la vie des Françaises et des Français.
- Il est dangereux parce qu'il trompe nos concitoyens sur l'illusion qu'il leur apporterait un service minimum en cas de grève.
- Il est dangereux parce qu'il trompe les salariés dans l'exercice du dialogue social dans les entreprises de transports terrestres de voyageurs.
-Il est dangereux enfin, parce qu'il stigmatise les nuisances liées aux conflits sociaux, dans un contexte où les causes de dégradation des services sont à chercher ailleurs.
1. Premier rideau de fumée envoyé par ce gouvernement : la loi donnerait aux usagers des garanties en cas de conflit.
C'est faux ! La loi se contente de généraliser et d'institutionnaliser les bonnes pratiques de l'alarme sociale pratiquées notamment à la RATP ou à la SNCF. Depuis plusieurs années, ces pratiques donnent de très bons résultats, comme les clauses négociées dans les contrats entre les transporteurs et les AOT (autorités organisatrices de transport), contrats signés en particulier dans les Régions. D'ailleurs, la loi se garde bien de mettre l'État au centre du jeu. Elle se contente d'imposer aux AOT de fixer les priorités en cas de conflit et la loi parle pudiquement de transport adapté, lié aux personnels présents. Comme si les AOT et les transporteurs avaient attendu une loi pour faire le mieux possible en fonction du personnel présent. Bref, l'État utilise la technique de la patate chaude, transférant une nouvelle fois aux Régions et autres AOT, le soin de gérer les pénuries. Autre hypocrisie, le cas des conflits interprofessionnels et des conflits émotionnels et spontanés n'est en rien réglé. Dans de nombreux domaines, par exemple les transports scolaires, demander aux départements quels élèves ramasser en priorité, relève d'un mythe et d'une illusion qui prouve bien que votre loi est inopérante.
2. Mais cette loi (c'est au moins aussi grave) est dangereuse car le dialogue social ne se décrète pas, surtout avec les provocations scandaleuses contenues dans le texte.
En effet, la règle des 48h méconnaît le droit aux salariés d'apprécier l'évolution des négociations qui souvent, progressent ou régressent les derniers jours. Elle sera sans doute contournée, au gré des pressions syndicales ou patronales qui deviendront plus courantes et néfastes que jamais. Le référendum sectorialisé, sans valeur autre que médiatique deviendra caricatural et masquera un dialogue dont la complexité ne se résume jamais par un choix binaire. Enfin, l'article 9 aggravé par le Sénat est une insulte à ceux qui se privent pour défendre leur droit, comme si la grève n'avait pas comme premier effet de toucher le porte-monnaie des grévistes. Leurs revenus sont certainement plus fragiles que ceux des malheureux financiers chers à Madame Lagarde, prenant l'Eurostar au frais de leur entreprise, en 1ère classe, à la Gare du Nord. Loin de renforcer le dialogue qui a progressé dans les transports terrestres (et le rapport du texte le souligne), ce texte crée des sources de contentieux social sans donner plus (et nous l'avons vu), d'assurances aux usagers.
3. Enfin, autre escroquerie dont les Français doivent avoir connaissance, votre projet de loi est destiné à masquer les dysfonctionnements des transports de voyageurs.
Les auditions ont confirmé que la grève ne représente aujourd'hui qu'un infime pourcentage des retards ou annulations de service. Chacun sait que le manque d'investissements de RFF, de la RATP ou de la SNCF, que les compressions de personnels et les économies de bout de chandelle, sont les causes réelles de 97% des désordres. Plus d'équipes de remplacements, beaucoup moins de guichets ouverts, des matériels obsolètes, des réductions de service, voilà ce qui manque tous les jours aux usagers et ce qui fait qu'ils ne supportent plus la grève dont ils reconnaissent pourtant, souvent le bien-fondé. Même sur de nouveaux services comme le TGV Est, les besoins ont été sous estimés : obtenir une place est une gageure, les attentes aux guichets sont interminables, les prix des places ont augmenté de 60% et on nous refuse, faute de moyens techniques et humains, la remise en service de quelques corail réclamés par les moins pressés ou les moins fortunés. Cette politique des transports n'est pas à la hauteur du défi pourtant clairement posé, du changement nécessaire des déplacements lié au réchauffement climatique, aux émissions de gaz à effet de serre ou à la raréfaction du pétrole. Les 100 millions d'euros annoncés précipitamment par Madame IDRAC sont dérisoires par rapport aux besoins mis en évidence par tous les rapports. Votre opération médiatique sur les conflits qui ne règle pas les 3% du problème que vous prétendez traiter, n'évoque en rien l'essentiel de la question dont l'ampleur et l'urgence sont unanimement partagés. Monsieur le Ministre, cette loi est présentée au coeur de l'Eté. On ne sait, suivant le Ministre qui parle, si elle sera ou non étendue à d'autres services. Elle est inopérante. Elle oppose entre eux les Français. Elle contient des relents populistes contraires à notre Constitution. Elle enfonce des portes ouvertes, comme s'il fallait que la loi dise aux transporteurs, qu'informer les voyageurs relève du simple bon sens. Elle ne sert pas la cause de la qualité recherchée de nos transports de voyageurs. Enfin, permettez-moi chers collègues, pour ma première intervention à ce pupitre, de vous parler de ma perception de la remise en cause de ce droit individuel et constitutionnel qu'est la possibilité accordée, à chacune et à chacun, de faire grève. Je suis élu du Nord de la Meurthe-et-Moselle, Maire d'une ville de 2000 habitants dans l'ancien bassin ferrifère. A Trieux, c'est son nom, en 1963, les mineurs ont fait 79 jours de grève, occupant le fond de la mine jusqu'à la veille de Noël, 200 mètres sous terre. Sans salaire, laissant femmes et enfants, soutenus par la solidarité du bassin de la Lorraine et au-delà. Ces gars défendaient leur outil de travail, leur dignité, leur avenir. Aujourd'hui, beaucoup sont morts trop tôt, les poumons rongés par la sclérose ou l'amiante. Ils sont restés plus de 2 mois et demi au froid, à l'humidité et dans l'obscurité. C'était hier et leur brutal licenciement a été (maigre consolation) tempérée par des avancées obtenues par un conflit, dont eux et leurs familles (dont la mienne) ont souffert dans leur chair et dans leur âme. Aujourd'hui, voter ce texte inopérant voire inutile, provocateur voire accusateur, démagogue voire populiste, serait pour un député fidèle à l'histoire de sa circonscription, une injure à leur mémoire."
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Sanctions contre les grèvistes ? 31 juillet 2007
Par rapport à notre article du 7 juillet (lire ci-dessous), le débat sur le "service minimun " a un peu évolué. Malheureusement dans le sens de la confusion et de la démagogie. Au départ, lorsqu'il fut question de contraindre des salariés des transports de se déclarer 48 heures à l'avance, il ne s'agissait que de permettre aux organismes ou collectivités en charge des transports d'anticiper et d'informer les voyageurs. Mais, petit à petit, sous la pression des plus réactionnaires des députes, est apparue la notion de sanction pour ces agents qui n'auraient pas indiqué qu'ils étaient grévistes deux jours au moins avant le mouvement et y participeraient malgré tout.
Ce premier point pose évidemment problème et les syndicats, comme beaucoup de parlementaires de gauche, ont revelé cette difficulté sociale et juridique qui, espérons-le, sera sanctionnée par les juges constitutionnels.
Le second point est tout aussi inquiétant : organiser un vote à bulletin secret au terme de huit jours de grève. Ce dispositif législatif est d'abord complètement inutile puisque les conflits dans les transports ne durent jamais aussi lontemps et il risque de crisper encore plus les tensions dans une entreprise où la situation resterait bloquée après plus d'une semaine. Mais, demeure un autre point essentiel : dans le cas où majoritairement, et à bulletin secret, le personnel d'une entreprise se déclarerait défavorable à la grève, est-ce pour autant que les salariés grévistes seraient " interdits " de la faire ? Voire seraient passibles de sanction s'ils continuaient à ne pas travailler ? Cette question reste largement ouverte aujourd'hui et les propos des ministres et des députés UMP qui s'expriment sur ce dossier ne sont pas de nature à rassurer. Il faut que les juges constitutionnels veillent au grain, sans pression idéologique sur ce sujet.
Sur le fond, cette série de petites mesurettes ne changera rien pour les voyageurs puisque - et les associations d'usagers le disent elles aussi - les mouvements de grève ne sont pas le problème majeur. En revanche, les insuffisances des services publics en terme de moyens, de personnels, de sillons et de créneaux horaires posent d'autres difficultés au quotidien.
Une fois de plus, le gouvernement Sarko-Fillon se contente de flatter les bas instints de la bonne droite bourgeoise (qui d'ailleurs n'utilise jamais ou presque les transports en commun...) et ne prend nullement la mesure des besoins réels de l'ensemble de la population.
François VIVARAIS
service minimum :
atteinte au droit de grève 7 juillet 2007
Le gouvernement est en train de remettre en cause - par son texte sur le " service minimum " dans les transports - un droit pourtant constitutionnel : le droit de grève individuel. Un article de ce texte - qui sera soumis à amendement des parlementaires - prévoit en effet que les salariés des entreprises de transport devront indiquer 48 heures à l'avance s'ils sont grévistes ou non dans le cadre d'un mouvement déclenché par les organisations syndicales.
Si ce texte était adopté, cela signifierait que le droit de chacun de participer à une grève y compris le jour même ou à l'heure même du déclenchement serait désormais impossible ?
Rappelons au législateur que le droit de grève est un droit individuel que les salariés peuvent exercer à tout moment - actuellement - même sans préavis d'une organisation syndicale. Le salarié suspend volontairement son contrat de travail pour quelques heures ou quelques jours avec pour conséquence pour lui la perte de salaire et pour l'employeur l'absence du salarié et de sa capacité de travail. Il ne s'agit pas d'une rupture de contrat.
Le fait de conditionner par la loi ce droit à des obligations rompt de toute évidence l'équilibre du contrat de travail. A moins que le législateur UMP souhaite par exemple que les patrons licencieurs informent bien en amont leurs salariés et que les comités d'entreprise - au delà du droit d'alerte - disposent de vrais moyens d'investigation sur les comptes de l'entreprise...
Mais c'est sans doute trop demander. Mieux vaut pour ce gouvernement montrer du doigt les salariés du transport, coupable de prendre " les usagers en otage", comme les médias le répètent sans cesse, ainsi que des ménates aux ordres, sans même chercher à voir si les expériences étrangères en ce domaine sont des modèles. Ce qui n'est pas le cas.
François VIVARAIS
Les syndicats dans l'expectative 14 mai -
Les responsables de l'ensemble des syndicats (de salariés et du patronat) ont été reçus par le Président élu, Nicolas Sarkozy. Il faut prendre garde à ces images de concertation sur des sujets très vagues alors que pendant la campagne les attaques les plus vives ont été portées par le candidat Sarkozy contre " les syndicalistes " en général, prenant prétexte de l'héritage de Mai 68. On ne peut pas d'un côté - sur une tribune - s'en prendre vertement aux représentants des salariés (les syndicalistes...) puis ensuite les recevoir en premier pour marquer son souci de discuter.
Il faudra voir à l'usage ce que Nicolas Sarkozy et surtout les ministres qu'il délèguera à l'action sociale et économique veut faire pour comprendre la logique de sa politique. S'il veut passer en force - pour satisfaire une partie de son électorat conservateur - voire même réactionnaire - les syndicats auront sans doute un peu de mal à mobiliser pendant la période d'été, mais il démontrera que son souci de dialogue est totalement de façade. S'il prend son temps - en se coulant dans le moule de la gestion tranquille - il va décevoir ceux qui attendent que le pays soit "saigné".
Les syndicats semblent dans l'expectative. La CFDT n'apprécie pas d'être " instrumentalisée " par le nouveau pouvoir, la CGT ne veut pas négocier " le pistolet sur la tempe ", FO ne veut pas non plus donner de gages trop tôt. Seule la présidente du Medef apparaissait totalement euphorique après cette première rencontre avec Sarkozy, indiquant que son organisation patronale était prête à entrer dans l'action très vite, comme si le rôle d'une organisation syndicale était de se substituer à ceux qui doivent incarner l'intérêt général. Chacun à sa place. Laurence Parisot ne doit pas franchir la ligne jaune même si son enthousiasme l'y pousse. Elle n'est pas au pouvoir. Enfin, officiellement non.
François VIVARAIS
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Cette rubrique est ouverte aux faits de société, à l'actualité économique et sociale. Elle doit donner la parole aux syndicalistes, aux hommes et femmes de progrès qui veulent que la société française ne soit pas totalement inféodée à la mondialisation libérale et aux intérêts des USA et des multinationales.
Merci d'avance pour vos contributions
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