21 février
Appel du 14 février :
la détestation (de Sarkozy) ne suffit pas
à faire une politique...
La France serait-elle occupée pour que des hérauts de la République menacée se permettent de contester la “légitimité démocratique”, sinon historique ou nationale, de celui que 55% Français ont placé à l’Élysée en mai dernier et lancent, de leurs salons parisiens, ce tragi-comique Appel du 14 février, paru dans le dernier numéro de Marianne ? A moins que cet appel ne s’inscrive dans la droite ligne de celui du Comité de vigilance des Intellectuels Antifascistes de l’entre-deux guerres ou de celui des Comités de vigilance et de défense républicaine de la gauche antigaulliste de 1958. Dans tous les cas, nous pouvons quand même noter qu’aucun de ces courageux nouveaux résistants n’a cru bon de prendre l’Eurostar pour rejoindre Londres.
Plus d’un lecteur de La Nation Française s’étonnera peut-être de cette entrée en matière : serions-nous donc devenus “sarkozystes” pour, au lendemain du coup de force constitutionnel du 4 février dernier à Versailles, transformé le 6 à l’Assemblée - en hommage aux patriotes tombés soixante-quatorze ans plus tôt - et le 7 au Sénat, défendre un chef d’Etat accusé de tous les maux par un quarteron de politiciens en retraite et de responsables encore en activité comme par quelques bons esprits que nous croyions d’ordinaire mieux inspirés ? Nullement ! Loin de nous l’idée d’accorder à celui qui, actuellement, occupe le fauteuil de l’Élysée, la moindre circonstance atténuante. Il est à l’origine d’un abandon de souveraineté nationale via une trahison de la souveraineté populaire qui restera sur son nom comme une tâche dont une majorité servile et sans plus d’idéal et une opposition factice partagent avec lui l’infamie. Mais l’antisarkozysme ne saurait à nos yeux justifier le rassemblement de signatures aussi hétérogènes dans le cadre d’un appel fourre-tout. Il est d’autre ligne de partage qui nous semble plus fondamentale...
En effet, quoi d’autre qu’une détestation hétéroclite - et souvent intéressée - pour l’hôte actuel de l’Elysée peut rassembler, d’un côté, un archéogaulliste - ce terme est un hommage - dont personne n’a jamais douté de la sincérité - Pierre Lefranc -, un défenseur intransigeant de la souveraineté nationale et de la francophonie - Jean-Paul Bled -, un député UMP en rupture de ban pour cause de patriotisme - Nicolas Dupont-Aignan -, un communiste orthodoxe - raison pour laquelle il a quitté le Parti : Jean-Pierre Brard - et de l’autre, un François Bayrou ou une Ségolène Royal partisans officiels d’un référendum sur le traité européen mais qui, pour l’une, a laissé sans rien dire son parti rejoindre mollement le camp de la forfaiture, pour l’autre est allé renier sa conviction référendaire en votant “oui” dès le 4 février ? Sans oublier les noms de Jean-Pierre Chevènement ou d’Arnaud Montebourg, nonistes conséquents et en tant que tel respectables, côtoyant ceux, devenus peu recommandables, d’un Maurice Leroy, ou d’un Noël Mamère - passons celui de Delanoë qui, dans sa course à la direction du PS, ne pouvait briller par son absence là où celui de Ségolène apparaissait, ou de Dominique de Villepin, dont la haine si peu politique à l’égard de Sarkozy ne saurait ennoblir son désir de vengeance toute personnelle.
Certes, les soussignés ont tenu immédiatement, afin de prévenir toute critique ou procès en amalgame, à rappeler qu’ils se réclament “de sensibilités très diverses” et qu’ils ont “sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes”, mais, ajoutent-ils, pour justifier la présence concomitante de leur nom sur cet appel, ils ont également “en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu’ils entendent réaffirmer”, notamment l’attachement au principe républicain contre un “pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective”, expression antinomique et relent des reproches faits par la gauche antigaulliste au général en 1958. Car si la Ve Constitution fut bien pensée comme une monarchie élective, ce fut précisément pour éviter que le délitement de la IV n’aboutît au pouvoir personnel grâce à l’instauration - ou à sa tentative le temps d’un mandat - d’un pouvoir arbitral. Il est regrettable de voir des gaullistes patentés ou des souverainistes d’ordinaire mieux inspirés devenir des mendésistes attardés - car c’est tout sauf à une monarchie élective que fait penser la pratique présidentielle de Sarkozy ! Pouvoir personnel - voire égotiste -, assurément, mais sans ce qui fonde la légitimité historique et nationale du service rendu ou à rendre et du souci de l’intérêt général, dans le cadre d’une présidence arbitrale. Arrêtons de caricaturer les concepts : le débat politique y gagnera en honnêteté intellectuelle et donc en clarté !
Passons sur la défense de la laïcité - cheval de bataille de Marianne -, comme si Sarkozy faisait autre chose qu’instrumentaliser les religions comme il a instrumentalisé ou instrumentalise encore l’identité nationale, l’extermination des Juifs par les nazis, la Résistance, le retour aux valeurs traditionnelles - en finir avec Mai 68 - ou la politique d’immigration. Non, si la laïcité, dont les signataires, de peur de révéler leurs désaccords ? se gardent bien de donner une définition précise, a du souci à se faire, c’est bien à travers le rôle qu’à leur corps défendant Sarkozy veut faire jouer aux religions, premières victimes potentielles de sa politique, dans l’instauration, conforme à l’idéologie mondialiste et... au rapport Attali, d’un communautarisme, source de désagrégation sociale et nationale.
Passons également sur l’ “attachement à l’indépendance de la presse et au pluralisme de l’information” : je ne sache pas qu’aucun des politiciens sus-nommés, lorsqu’ils ont occupé des fonctions importantes, se soient jamais beaucoup émus de la mise en coupe réglée d’une information écrite, radiophonique ou audio-visuelle dont l’expression unique - et non pluraliste - est avérée sur tous les sujets importants - mondialisation, Euro, Constitution européenne puis Traité “simplifié”, ou, pour prendre quelques exemples géopolitiques, hostilité à la Russie ou dépeçage actuel de la Serbie. Que Marianne, du reste, dans son commentaire, se permette d’évoquer le soutien à “la lutte des journalistes des Echos pour leur indépendance”, alors que Les Echos sont, avec La Tribune, le quotidien du conformisme ultra-libéral, montre dans quelles limites étroites nos signataires - et Marianne - pensent la pluralité de l’information !
Quant au dernier point sur l’attachement “aux grandes options qui ont guidé depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples, soucieuse de préserver l’indépendance nationale” ... “et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI e siècle” - , on voit trop combien cette bouillie pour chat gaullo-européiste n’a qu’un objectif : satisfaire à bon compte l’ensemble des signataires sus-nommés. Car de quelle Europe s’agit-il ? de celle des nations, préservée tant bien que mal dans le cadre du Compromis de Luxembourg, ou de celle, supranationale, qui va du Traité de Maëstricht au Traité simplifié, imposé de force aux peuples bâillonnés ?
De fait - et la boucle est bouclée - le plus inquiétant - ou le plus désolant - c’est précisément de voir un Dupont-Aignan, un Pierre Lefranc ou un Jean-Paul Bled, voire un Jean-Pierre Chevènement, affirmer, au lendemain du coup de force du 4 février dernier, avoir “un certain nombre de convictions ou de valeurs” communes avec ceux-là même qui y ont mis la main ou l’ont laissé perpétré par une lâche abstention qui révélait leur mépris congénital du peuple-citoyen. Comme si, parmi d’autres renoncements antérieurs ou annoncés, celui-ci n’était pas le principal qui traçait une limite, interdisait les valeurs ou les convictions communes ? Non l’antisarkozysme primaire ne saurait tenir lieu de politique d’opposition, pour la simple et unique raison que le sarkozysme ne renvoie pas aux signataires de cet appel la même image d’eux-mêmes. Quand il est l’antithèse politique de souverainistes, de gaullistes ou de patriotes de gauche sincères, il ne fait en revanche que renvoyer leur propre caricature aux politiciens du sérail oligarchique. N’est-ce pas, pour ne prendre qu’elle, Ségolène Royal qui a entamé une pipolisation de la vie politique dans laquelle Sarkozy finit pas se noyer ? Et, plus profondément, la même n’a-t-elle pas apporté son appui à un rapport Attali, commandé par Sarkozy et qui, s’il était appliqué, conduirait à une destructuration sans précédent de notre société, à la plus grande joie des élites dénationalisées de Bruxelles et pour le plus grand profit de l’idéologie mondialiste ? On pourrait en dire autant de la plupart des signataires de l’Appel. En vérité, il est des convictions et des valeurs, autrement partagées, que certains d’entre eux n’y rappellent pas : c’est qu’elles leur sont communes avec un Nicolas Sarkozy qui n’est que leur double m’as-tu-vu. Ce qu’ils leur reprochent, au fond, c’est seulement son manque de discrétion : pas tant son cynisme - ils le sont tout autant que lui, mais de façon plus raffinée - que son absence de maintien.
Si l’opposition radicale à Nicolas Sarkozy est une nécessité politique, elle doit se faire dans la clarté et la cohérence. Cet appel affligeant du 14 février ne fait que rendre confus le message de ceux qui ont des raisons fondamentales, et pas seulement conjoncturelles ou personnelles, de s’opposer à l’hôte actuel de l’Elysée et à sa politique. Alors que notre pays connaît une heure d’autant plus sombre de son histoire qu’il la vit dans une quasi-anesthésie, avoir, pour certains des signataires, participé à cette mascarade aux côtés d’hommes et de femmes politiques démonétisés ne peut que brouiller les cartes. Il est bien de vouloir exister, fût-ce seulement en voyant son nom apparaître dans les media. Encore faut-il ne pas le faire en portant préjudice au crédit qu’on a su lui donner.
Axel Tisserand
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11 janvier
Les socialistes se cachent... mais on s'en f...
Evitons les mots qui fâchent... : le groupe parlementaire socialiste a décidé de ne pas se rendre à la réunion du congrès de Versailles qui doit statuer sur le processus d'adoption du traité de Lisbonne. Conséquence : la voie parlementaire sera retenue. Il faut se rendre à l'évidence : la campagne pour un reférendum a très peu de chance d'aboutir. Le président de la République n'en veut pas - on comprend pourquoi ! - la gauche socialiste non plus - car elle est très divisée sur la question - et les autres forces politiques ne peuvent se faire entendre dans cet univers médiatique totalement sous les verrous.
Alors, que faire ? Abandonner la partie ? Ce n'est évidemment pas le style de la maison Nationfrançaise. Il faut bien sûr continuer la campagne, non pas en direction des parlementaires, sourds à tous les discours, préoccupés par les échéances électorales et par des considérations partisanes mesquines. Non, la campagne doit être clairement à l'intention exclusive des citoyens. Il ne s'agit pas seulement de montrer que les politiciens professionnels dans cette affaire les trompent en assurant que ce traité nouveau - copie conforme de la Constitution - va enfin débloquer une Europe en panne- mais que c'est l'ensemble du processus dit de construction européenne qui doit être revu.
Il faut montrer aussi que les défenseurs de la souveraineté des nations ne sont hostiles à des politiques continentales, au contraire. Le dialogue des nations est au coeur de notre approche, encore faut-il que les nations existent, qu'elles puissent librement choisir les politiques qu'elles veulent mettre en commun et que tel ou tel pays, lié par l'histoire à une super ou une hyper-puissance, ne puisse pas tenter d'infléchir les politiques nationales par le truchement d'une diplomatie européenne à peine balbutiante.
Il faut également décrypter à l'usage de nos concitoyens l'ensemble des politiques conduites par les bureaucraties européennes, non pas seulement pour dénoncer la prolifération des textes mais surtout pour fustiger les élus et les gouvernements qui n'effectuent plus le travail minimum d'analyse critique.
Dans ce contexte, inutile d'aller à la chasse aux socialistes. Ils sont hors jeu. Ou plutôt, à ce petit jeu, ils risquent d'être cachés pour longtemps. Cherchons donc plutôt, localement et nationalement, des convergences avec des hommes et des femmes de bonne volonté : dans les comités pour la tenue d'un référendum, beaucoup de choses se disent et sont révélatrices d'un vrai malaise politique. Il faut aller dans ces forums sans méfiance : ils sont souvent tenus par des militants d'extrême gauche, des syndicalistes de Sud, des communistes et des jeunes de Mélenchon. Si l'on gomme les apparences, les préoccupations sont souvent les mêmes et les bonnes finalement : constat de l'effacement du politique au profit d'un pouvoir suprême sans légitimité, constat de l'effacement des politiques sociales, des services publics, des biens culturels, du patrimoine, de la solidarité entre les générations, du code du travail... Voila qui devrait interpeller les souverainistes de toute nature. Maintenant, à nous tous de nous manifester.
François VIVARAIS
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4 janvier 2008
Il nous faut un Jean-Edern !
En compulsant les journaux - aussi froids qu'une limande - je pense soudain à notre camarade Jean-Edern Hallier, ce grand fou du roi nous manque. Il aurait adoré être le premier opposant à Sarkozy et à sa bande de petits marquis et de grands parvenus qui se pavanent sous les ors de cette République en loques. Pendant le règne de Giscard, Jean-Edern publia un pamphlet d'une haute tenue - ce qui n'empêchait pas les basses attaques ! - contre ce libéral mal éclairé, ce grand bourgeois qui se prenait pour Louis XV mais qui ne fut qu'un instrument flasque de la domination impérialiste américaine. Jean-Edern l'avait qualifié de colin froid ! Dans ce petit livre, tout y passait : l'analyse des idées (quel grand mot) giscardiennes, la critique de la réinvention du langage et du vocabulaire qui se voulait moderne (le libéralisme avancé... souvenez-vous !) mais aussi les informations sur les moeurs de ce monarque sans couronne, grand chasseur devant l’Eternel.
Jean-Edern, dans de petits journaux, dans des revues sérieuses et dans ses propres publications affronta aussi le pouvoir de Mitterrand, après avoir adulé l’homme du 10 mai. Pour avoir tenté de dévoiler l’existence de sa deuxième compagne et de sa fille, Mazarine, il fut victime des écoutes présidentielles, tenta de les dénoncer dans un livre – « l’honneur perdu de François Mitterrand » - dont le texte, même si le fiel l’emporte parfois sur la raison – fait honneur… à la République des lettres.
maladie sénile
Ces conflits l'épuisèrent, il devait y perdre le peu d'argent qu'il avait gagné avec ses romans infiniment bien troussés. La mort l'emporta alors qu'il aurait pu, même aveugle, porter encore longtemps son regard d’intellectuel décapant et lucide sur l'éthique et la déontologie de ceux qui se croient puissants. Au hasard de ce dernier texte, je puise cette phrase si juste : « le népotisme, c'est la maladie sénile du mitterrandisme. Quand Tonton n'est pas l'oncle, il est le parrain, le père, le frère, le cousin, l'amant ou le cocu magnifique de son entourage. L'Elysée, c'est un arbre généalogique dont les ramifications s'étendent au gouvernement et aux cabinets ministériels en passant par les préfectures et ambassades. Le socialisme, une agence de placement familial ! ». J’espère que l’on pourra relire pareille prose.
Comme le « moral des ménages » est une fois de plus en berne en ce mois de janvier, j’invoque Jean-Edern Hallier d’autant plus volontiers. Les temps sont fades, maussades, sans relief. Les polémistes manquent à l'appel. Pourtant, la matière ne manque pas : l’homme qui occupe toute la scène médiatique – jusqu’à provoquer la nausée des lecteurs et spectateurs (mais apparemment pas celle des journalistes politiques aux ordres) – est incontestablement un objet d’analyse politique absolu, le diamant que tout pamphlétaire aimerait, un fois dans sa vie, trouver sur son chemin.
Attention à la fascination de Bruniland
Mais, la République des lettres est endormie depuis longtemps. Chirac et les affaires n’ont inspiré personne, sauf quelques plumitifs qui ont réveillé leur talent d’écriture à la fin du long règne. Faudra-t-il attendre 2012, 2048, 2057 pour que les turpitudes du locataire de l’Elysée soient enfin révélées au public ? Quel éditeur acceptera de mettre face à face les promesses de campagne et le contenu des lois, les déclarations électorales et les prises de position aujourd’hui, les affirmations idéologiques d’autrefois et le lent tissu de bassesses qui se déroule depuis l’élection ? Quel éditeur – hormis ce site et d’autres du même acabit ! – mettra en perspective les liens du pouvoir actuel avec la finance mondialisée, les relations personnelles du chef de l’Etat avec les grands patrons et les chefs d’état suspects ?
Qui osera dire que la médiatisation extrême, insupportable, permanente, de la vie privée de Nicolas Sarkozy vient polluer le débat politique en France en rabaissant la fonction, en mélangeant les genres, en laissant croire aux citoyens que le pouvoir n’est que cette apparence de gestes brouillons, de postures, de clichés et de phrases creuses ? Qui osera mettre en parallèle ces attitudes qui ne sont pas innocentes avec une manière de gouverner, l’ampleur des cadeaux aux plus riches, la volonté de rompre en permanence sur tous les sujets avec les engagements du Conseil national de la Résistance et les fondements de la République gaullienne ?
Qui dira que le communautarisme est devenu l’horizon et la solidarité de passé ? Qui affirmera, preuves à l’appui, que les promesses en matière sociale, de pouvoir d’achat, de valeur travail ne sont non seulement pas réalisées mais que le discours populiste à détourner tous les mots de leurs sens initiaux ? Qu rappellera qu’autrefois le beau mot de réforme signifiait progrès social partagé et non remise en cause systématique des acquis collectifs ?
Qui dira à cette droite arrogante qu’autrefois des conservateurs et même des réactionnaires se préoccupaient vraiment de la condition des plus humbles, sans en tirer gloriole, sans faire croire qu’ils faisaient peuple en allant un jour, un petit jour, au petit matin, partager leur labeur ? Sans doute, les petites affaires de Bruniland sont plus faciles à cerner. Elles ne demandent aucune recherche, aucune remise en perspective. Les trahisons d’hier sont effacées, les engagements aussi : reste l’immédiat, le palpable, l’image, le couple. Jean-Edern doit revenir avant qu’Il ne soit trop tard.
François VIVARAIS
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20 décembre
Mister Disney
Les gazettes savamment alimentées par le Sarkoland ont fait leurs choux gras ces derniers jours de la nouvelle liaison entre l'hôte de l'Elysée et la chanteuse Carla Bruni. Cette information n'est pas anodine finalement. Depuis quelques temps, la solitude présidentielle semblait nuisibile à l'image de la France à l'étranger. Nicolas le Petit était obligé d'entraîner dans ses déplacements sa mère, âgée, pour ne pas apparaître comme un homme isolé. Le fait que le chef de l'exécutif retrouve une compagne, au demeurant charmante, n'a rien de critiquable. Chacun est libre de ses choix personnels et sentimentaux.
La critique politique intervient sur un autre registre qui n'a rien à voir avec les considérations de vie privée. Comme l'actuel président semble très attaché à la symbolique, pourquoi avoir choisi Disneyland Paris pour faire convoquer les photographes et leur préparer le terrain ? Est-ce l'approche de Noël qui a convaincu Sarkozy que l'image - populaire ? - de Mickey, des sept nains et de Blanche neige, allait faire oublier les incroyables contorsions gouvernementales après la visite du " guide de la révolution " à Paris ? Voulait-il faire croire à un nouveau conte de fées ?
Toujours est-il que l'image d'un chef d'Etat s'affichant dans un parc d'attraction dont la thématique, la propagande, le management sont des éléments constitutifs de l'impérialisme des Etats-Unis, est profondément choquante. Même si Mickey et Dingo nous amusent, cette présence dans ce parc, est totalement incongrue, grotesque et politiquement nuisible. Il aurait pu au moins choisir le parc Astérix ! Mais : problème... c'est Obélix et non le petit gaulois nerveux qui, dans l'histoire, est amoureux de Falbala.
François VIVARAIS
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4 Décembre
Bayrou ou le dégré 0 de la politique
En cette année 2007, rien ne nous aura été épargné. Ni la victoire d'un démagogue atlantiste, ni les reniements à gauche sur le vote majoritaire de 2005, ni encore plus récemment, la constitution du Modem comme nouvel espace politique de " rénovation " de la vie politique.
A écouter François Bayrou, élu démocratiquement chef de cette nouvelle formation du système, aucun événement n'aurait été aussi important depuis trois décennies dans l'histoire politique française ! La transformation du vieux parti de centre droit créé par Giscard et Ponia en une formation euro-centriste serait de nature à bouleversifier (sic) le paysage politique national ? Rien n'est plus tordant finalement que cette capacité des vieux chevaux de retour - et Bayrou en est un - à se présenter sous des couleurs neuves. Oubliées les forfaitures de l'UDF ? Passés par pertes et profits les petits arragements des formations qui en furent les émanations : le CDS de Jacques Barrot et le Parti Républicain des Léotard, Longuet et Madelin ?
L'UDF, comme le RPR, pendant toute la longue - trop longue - période où les partis ont été financés souvent par de l'argent sale - n'a constitué qu'une écurie pour dirigeants avides de pouvoir. Après la période giscardienne où cette formation fut celle des godillots nouvelle manière, elle se déchira sur des querelles de personnes. Le centre-droit démontra ainsi son incapacité à produire des idées, en dehors de la révérence européiste que l'on connaît.
La campagne de Bayrou en 2007 n'a pas dérogé à ces louvoiements tactiques. L'armature des idées était inexistante, le positionnement politique constamment conforme à " la logique libérale " et supranationale. Et même si Bayrou dénonce la position atlantiste de Sarkozy, il ne faut pas se laisser abuser : là encore, il s'agit de se diférencier par artifice et non sur la réalité des idées. L'appel de Bayrou aux Gaullistes authentiques lors de son discours de dimanche était de ce point de vue assez pathétique. Les Gaulllistes et tous les nationaux d'ailleurs n'ont pas besoin d'une baudruche centriste pour savoir que le pouvoir a rompu avec la politique d'Indépendance qui inspira à la fois les monarques et le général de Gaulle. Sur ce terrain, que propose Bayrou : Refuser le traité de Lisbonne ? Proposer à nos partenaires une harmonisation sociale et fiscale ? imposer de nouvelles règles à la banque centrale européenne ? Rétablir les barrières douanières ? Non : tout ceci est hors du cadre de réflexion du Béarnais. Il se fiche de la France comme de sa dernière chemise. Il songe à 2012, à son destin, à son âme.
Bayrou est aujourd'hui le dégré 0 de la politique : une outre vide, un coucou qui occupe un espace politique que les médias et finalement le pouvoir acceptent de lui octroyer. C'est un opposant facile, commode, sans danger, prêt à conclure des alliances au premier tour après avoir poussé une petite crise sans fondement... et éventuellement au second moyennant localement des strapontins.
Du parti de Giscard et Ponia ne pouvait sortir rien de bon. Avec l'avatar Modem, la preuve est tangible. Amis : fuyez !
François VIVARAIS
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29 novembre
Un régime autiste... 
La prestation télévisée du chef de l'Etat jeudi soir semblait un peu surréaliste. Alors que tous les voyants sociaux et économiques sont au rouge, Nicolas Sarkozy, plus raide que jamais, a balayé les contestations d'un revers de main. Se lançant une fois de plus dans un monologue compassionnel sur les victimes des malfrats qui sévissent dans les quartiers et contre lesquels il a exigé rien moins que la cour d'assises, s'érigeant ainsi à la fois en procureur et en juge ; alors que sur un ton plus mesuré il a laissé à la justice le soin de s'occuper des malversations financières du patron de l'union de la métalurgie, une branche du Medef, soupçonné d'avoir mystérieusement dépensé quelques dizaines de millions d'euros... Ce double discours démago laisse pantois.
Mais ce n'est évidemment pas tout. Sarkozy était venu s'expliquer sur " le pouvoir d'achat " : la tarte à la crème ! Chacun sait que depuis le passage à l'Euro le coût de la vie a considérablement augmenté. Il suffit pour s'en convaincre de comparer les prix des denrées et des produits de base - hors inflation - avant et après le passage à la monnaie unique. Ce sont des proportions astronomiques. Mais bien évidemment, ni les " spécialistes de l'INSEE " (dont les indices sont très contestés), ni les gouvernements unionistes et fédéralistes ne vont incriminer la sacro-sainte monnaie européenne.
Sarkozy n'a pas dérogé à cette règle : il a évoqué " le blocage des 35 heures " ( ben voyons...), la participation des salariés qui pourrait être " libérée " plus quelques mesurettes qui n'auront aucun effet sur le " pouvoir d'achat ". Le tout aussi pour faire passer en douce un nouveau désengagement de l'Etat dans le capital d'EDF à hauteur d'un petit 3%. Comme le soulignait dès la fin de l'interview la CFDT dans un communiqué : " les salariés qui ont regardé l'émission, ont de quoi être déçus ! ".
Certes. Mais fallait-il s'attendre à d'autes annonces ? Sarkozy suit une logique libérale et individualiste. Il a clairement indiqué que ce qui se passait dans certaines banlieues n'était pas le fruit d'une situation sociale minée. Pour plaire à son électorat conservateur, voire franchement d'extrême-droite, il a estimé qu'il ne fallait plus trop miser sur la politique sociale collective dans ces quartiers. Les millions de Français qui habitent dans les cités apprécieront ce discours d'exclusion. Un discours indigne d'un chef de l'Etat qui - depuis son petit spectacle sur la dalle d'Argenteuil - n'a visiblement rien compris.
François VIVARAIS.
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23 novembre
La Chiraquie à la dérive
La justice - après avoir été bien muselée - tente de rattraper les années Chirac. Pendant plusieurs décennies, la bande qui se prétendait gaulliste mais n'avait comme ambition que de mettre tous les pouvoirs à son service a bénéficié d'une impunité incroyable. Aujourd'hui, alors que Jacques Chirac n'est plus président de la République des juges commencent enfin à lui chercher des noises. Il était temps ! Et le résultat est éloquent : une mise en examen pour " détournement de fonds publics ", ce qui n'est pas rien. Cela signifie que le magistrat inscruteur a estimé qu'il existait des indices graves et concordants contre l'ancien chef de l'Etat, malgré les explications qu'il a pu fournir au cours de cette audition et de la précédente.
Bien entendu, Jacques Chirac bénéfice, comme tous les justiciables, de la présomption d'innocence. Bien entendu, il ne s'agit pas de s'acharner sur un ancien président de la République, d'autant moins que les faits qui sont exposés ne concernent pas sa présidence mais son action à l'époque où il était Maire de Paris.
Néanmoins, il faut livrer quelques analyses sur le fond de ce dossier. La ligne de défense de Jacques Chirac semble reposer sur deux éléments de faits et de droit : premièrement, à l'époque, les dispositions sur l'emploi des " chargés de mission " qui pouvaient travailler tantôt pour une municipalité tantôt pour un parti ou un syndicat n'étaient pas encore totalement fixées et les nombre d'infractions présumées serait infime (une vingtaine d'emplois fictifs) compte tenu du nombre d'agents de la ville de Paris (40.000 dont 300 chargés de mission). Deuxièmement, si l'on admettait même l'existence de ces " chargés de mission fictifs ", Jacques Chirac et les autres personnes mises en examen ( les cinq anciens directeurs de cabinet du maire et le député Jean de Gaulle) n'en auraient tiré aucun bénéfice personnel : nul ne serait en mesure d'apporter la preuve d'un enrichissement...
Permettez au juriste de réfuter ces deux arguments.
Premièrement, la période de référence des faits incriminés est postérieure aux lois sur le financement des partis politiques qui ont été votées à la suite d'un certain nombre de " dérapages " dont la justice n'a pas pu s'occuper, à cause aussi de ces " éponges de l'amnistie ", comme le dénonçait le juge Thiel, magistrat qui fit emprisonner un maire RPR. A la suite de ces affaires, le CDS (centre des démocrates sociaux), le Parti républicain (PR) puis le RPR (Rassemblement pour la République) ont changé de dénomination pour éviter l'amalgame, les organigrammes ont été modifiés, quelques personnalités ont été mises en cause. Les lois ayant été votées, comment expliquer la poursuite de ses dérives ? Comment accepter, même sur quelques postes, de tels comportements fautifs, si ils sont établis bien évidemment ?
Second élément de réflexion : " l'absence d'enrichissement personnel ". Il appartiendra aux juges de le déterminer. Mais, il ne faudra pas s'en tenir aux apparences. Bien évidemment, les faits reprochés à l'ex-président et à ses co-mis en examen ne constitueront pas des détournements classiques : personne ne pense que Jacques Chirac a puisé dans la caisse pour satisfaire ses besoins et ses désirs. Il n'empêche, si les charges se vérifient, ce système permettait de mettre à disposition d'un clan des personnels qui devaient travailler pour la collectivité. Sans ce détournement de moyens , le parti dont Jacques Chirac était alors le chef incontesté aurait-il eu un train de vie et une activité de même nature ? Il ne s'agit pas d'extrapoler mais de rester dans le domaine de l'analyse juridique et de poser les questions que les juges se poseront : les prévenus, grâce aux moyens mis à leurs dispositions, s'ils se révèlent délictueux, ont-ils commis l'infraction de détournement de fonds publics ? Autrement dit - et a contrario - s'ils n'avaient pas bénéficié de ces aides en personnel et donc en moyens, auraient-ils pu faire fonctionner, dans leur intérêt militant, toute ou partie des appareils dont ils étaient les dirigeants ? Tous les responsables d'associations - et ils sont nombreux en France ! - peuvent s'interroger sur ce point et faire le bilan de leur propre fonctionnement.
Enfin, le fait de savoir pourquoi la justice accélère aujourd'hui son cours importe peu. Que, par le biais de la Garde des Sceaux, le pouvoir Sarkozien règle ses comptes avec la Chiraquie est assez peu signifiant. Pourquoi ? Parce que l'actuel président de la République, bien qu'il prétende être en rupture avec ses pratiques, était à l'époque un bébé-baron du RPR, élevé au lait de Charles Pasqua. Il ne faut pas oublier cette connivence ancienne et profonde malgré les trahisons puis les affichages.
François VIVARAIS
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LES NOTES POLITIQUES D’HERVE DE MARANS - 4 Novembre 2007
La République des Pieds Nickelés
Comme Giscard en 1975, comme Mitterrand en 1981, comme Chirac en 1995, nous avons eu droit lors de l’intronisation de notre nouveau chef de l’Etat au discours sur la « République irréprochable ». Et puisque, avec Sarkozy, l’heure est au « toujours plus », notre mini président nous a même précisé que ce retour aux mœurs virginales de la République romaine serait « au cœur » de la réforme des institutions qu’il appelle de ses vœux et dont il a confié l’esquisse à la Commission Balladur. Caton et Cicéron n’auraient qu’à bien se tenir ! La dite Commission vient de rendre son rapport et nous aurons l’occasion de revenir plus en détail sur ses propositions. En un mot, le moins que l’on puisse dire, c’est que tout cela accouche une fois encore d’une portée de souris de laboratoires. Mais que pouvait-on attendre de plus d’un cénacle de vieux tapirs, animé avec le savoir-faire que l’on sait par le Ballamouchi et le mirobolant Jack Lang.
les bons de Bayonne de Mme Lagarde ?
Et dire qu’on envisage de soumettre ces niaiseries à référendum, alors qu’on prétend en priver le peuple français sur le traité européen ! Puisque tout cela risquait de prendre un peu de temps, Sarkozy s’est dit, qu’après tout, sa « République irréprochable », il pourrait commencer à la bâtir tout seul. Et là, il faut avouer qu’il nous bluffe tous les jours ! Accepter de prendre au gouvernement – qui plus est sur un poste sensible – le sieur André Santini, alors qu’il est soupçonné de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts, c’était déjà un joli début. Persévérer en faisant entrer au conseil des ministres le bien-nommé Bernard Laporte, alors que pèse sur lui de gros soupçons d’affairisme et de fraude fiscale, démontrait de vraies dispositions à bien faire. Mais arriver à maintenir à son poste sa Garde des Sceaux - alors qu’elle ment effrontément sur son pedigree universitaire -, accepter que le président du groupe UMP à l’Assemblée arrondisse ses fins de mois dans un grand cabinet d’avocat parisien, faire voter subrepticement par l’assemblée des dispositions qui favorisent outrageusement un groupe de parlementaires, parce qu’ils ont été à la soupe, obtenir enfin de la même Assemblée de godillots une augmentation de 140% du traitement du chef de l’Etat, tout cela en quelques mois : voilà vraiment du très grand art.
Dans notre jeunesse, nous nous amusions des filouteries sans égales de la bande des Pieds Nickelés. Croquignol, Ribouldingue et Filochard roulaient ouvertement les grandes personnes, l’Etat, les honnêtes gens (généralement un peu bêtes), sans être inquiétés plus que cela par la police – quand à la fin ils ne finissaient pas ministres ! Et bien voilà, pour notre plus grand plaisir, que le régime nous rejoue les Pieds Nickelés à guichet ouvert, tous les jours à l’heure des journaux télévisés. Il ne nous reste plus qu’à apprendre que Madame Lagarde va prochainement mettre en vente le stock non écoulé des bons de Bayonne, qu’Arsène lupin prend la direction de la Banque de France et Fantômas celle du Crédit Municipal pour nous retrouver dans un décor parfaitement familier.
Avec le coup de menton dont il est coutumier, Sarkozy déclarait, il y a peu, qu’il ne serait pas l’homme d’une VIe République. On le comprend mieux désormais : son modèle, sa République fétiche, c’est la IVe, celle où les gouvernements sautaient comme des bouchons de champagne, ou, mieux encore, la IIIe, celle des Caillaux, des Briand et des Chautemps de sinistre mémoire.
L’histoire nous a souvent appris depuis deux cent ans que ce type de régime commence souvent par des pantalonnades, pour finir dans la tragédie. Mais au rythme où la côte de popularité du pouvoir se dévalue, nous n’aurons sans doute pas besoin d’en arriver là.
HERVE DE MARANS.
La chronique de Jean-Bernard Alexandre
Le pouvoir change de front...- 27 octobre

Par empirisme, il faut se méfier du consensus surtout lorsqu'il est obtenu sous la menace de périls qui nous dépassent et ne peuvent se mesurer à l'échelle de l'homme. Nous sommes un peu dans cette configuration depuis que des Nostradamus de l'écologie nous serinent la fin du monde pour demain - ou presque - si nous ne changeons pas radicalement nos modes de consommation, notre rapport aux " dépenses énergétiques " et que sais-je encore, notre manière de vivre tout simplement.
Voici une pensée bien singulière - externe au sens premier, à l'histoire de l'Occident - qui se méfie finalement de l'expansion, du progrès, de la mutation des sociétés humaines, de leur capacité de conquêtes du monde et de l'univers, et qui se confinerait dans la conservation, dans l'adoration d'un ordre primitif ancien où les plantes - nos soeurs -, les animaux - nos cousins - , le climat - notre maître - seraient devenus les seules valeurs de nos sociétés.
Cet engouement pour ce que les pays riches appellent " dévéloppement durable " ou " responsable ", cette nouvelle religion de la " décroissance ", cette théorisation d'un monde fini, cette compassion un peu vichyste pour la terre est tout bonnement un abandon de perspective historique. Nos pères ont arraché le charbon du sol et conquis l'atome et nous devrions nous contenter d'éteindre les lumières et de rouler en vélo dans les villes. Triste perspective.
La question que pose le " Grenelle de l'environnement " - terme impropre puisque les organisations invitées n'étaient pas dans un rapport de force avec le pouvoir - est très simple : pourquoi un gouvernement de droite, qui affiche aussi cyniquement ses ambitions de croissance et sa théorie de la relance par des allègements fiscaux, la limitation du droit de grève, des incitations individuelles à travailler plus au détriment d'autres solutions plus fédératrices, bref, pourquoi ce pouvoir se convertirait à l'hulotisme galopant ?
Est-ce un pur calcul politique ? La réponse est oui. Nous avons déjà écrit que ce pouvoir se nourissait des peurs (en matière d'insécurité et d'immigration). En voici une nouvelle. Depuis que les grandes chaînes de télévision assurent que la terre est menacée par nos comportements " irresponsables ", la peur grandit. Les spots, les pubs dans les journaux nous affirment que toute solution passe " par une prise de conscience individuellle." Si le monde bascule vers le réchauffement climatique, nous en sommes responsables. Il faut non seulement arrêter de consommer de l'énergie coûteuse sinon la terre s'arrêtera de tourner mais surtout cesser toute espérance dans un monde meilleur immédiat ! Adieu révolution, adieu même révolte : la planète doit nous mobiliser, sans cesse, comme des moines soldats. Il n'y a pas de combat aussi urgent que de " sauvez la planète ". La misère, la faim, les inégalités, l'accès à la santé, les libertés publiques : tout est conditionné par un mot d'ordre unique. Et ainsi, le pouvoir change de front pour faire oublier sa politique économique et sociale calamiteuse.
Et bien non, cette pensée simplicste ne doit pas nous aveugler. Ceux qui croient au génie humain, ceux qui veulent encourager la recherche, la culture et l'intelligence pratique ne doivent pas se taire. Sinon, " Nos obligés, les pauvres ", comme écrivait Péguy, seront les premières victimes de cette nouvelle version du capitalisme libéral.
jba
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LES NOTES POLITIQUES D’HERVE DE MARANS
31 Octobre 2007
Les socialistes… avec ou sans la France ?
A l’issue de la réunion de Lisbonne – qui s’est conclu par le marchandage que l’on sait sur le dos des intérêts français - le président de la République s’est juré de faire ratifier le nouveau traité par la France dans des délais record. Le gouvernement a d’ailleurs pris toute disposition pour soumettre le texte au Conseil constitutionnel dès le 14 décembre, au lendemain même de sa signature par les dirigeants européens à Bruxelles. Et il envisage d’obtenir un vote conforme du Parlement dans les semaines qui suivent.
Pourquoi tant de précipitation et autant de fébrilité ? La vanité maladive du chef de l’Etat, son besoin de montrer qu’il est le premier partout, la volonté aussi de certains milieux européistes de faire payer aux Français leur vote négatif de 2005, n’y sont sûrement pas étrangers. Mais comment ne pas y voir également un calcul de politique intérieur ? La perspective d’un référendum fait peur au régime; il sait que l’idée est populaire dans le pays et que celui-ci peut être à nouveau tenté, si on le consulte, d’émettre un vote négatif. L’affaire, si elle n’est pas rondement menée, peut donc dégénérer, comme en 2005, en une crise politique dont le pouvoir sortira très affaibli. Avec, comme premier écueil, un échec grave aux municipales de mars. C’est cela, et d’abord cela, soyons en sûr, que Sarkozy s’est empressé d’exposer aux ténors de sa majorité, lors de « l’étrange visite » qu’il a faite au siège de l’UMP, dès son retour de Lisbonne.
Pour le pouvoir, la partie est, en effet, loin d’être gagnée. Le Conseil constitutionnel confirmera sans aucun doute en décembre que la ratification du traité appelle, comme pour le texte Giscard, une révision préalable de la Constitution. A défaut de référendum, celle-ci devra être adoptée par plus des trois cinquièmes des parlementaires réunis en congrès à Versailles. Lorsque l’on sait que, depuis les dernières législatives, la gauche dispose d’un nombre de votes suffisants pour faire échouer la manoeuvre, on mesure mieux les craintes de Sarkozy et de sa majorité et l’écrasante responsabilité qui pèse sur les épaules de l’opposition, et, en tout premier lieu, sur le parti socialiste. C’est de lui que dépendent désormais le sort du traité de Lisbonne et son examen par le peuple français, dans le seul cadre légitime qui tienne, celui du référendum.
Les socialistes saisiront-ils cette chance unique de retrouver la faveur populaire ? Prendront-ils le risque de dire haut et fort qu’il est inadmissible qu’un texte de cette importance, rejeté il y a deux ans par une majorité aussi nette, ne soit pas à nouveau soumis aux suffrages du peuple ? A défaut d’être de vrais défenseurs de nos intérêts et de vrais démocrates, utiliseront-ils, à tout le moins, la perche qui leur est tendue pour affaiblir le pouvoir ? Pour le moment, la situation est encore indécise. On sait que le ramassis d’énarques qui compose aujourd’hui la direction socialiste est l’expression de l’européisme le plus malpropre et le plus cynique. Cette petite oligarchie, formée à toutes les tartufferies bruxelloises par Mitterrand, Delors et consorts, mange la même soupe que les Jouyet, les Kouchner ou les Bockel, qui figuraient encore hier sur ses listes. Elle voudrait bien ne rien faire pour gêner l’adoption d’un traité qu’elle approuve de toute son âme, comme elle approuvait de toutes ses tripes le brouet giscardien. Mais elle sait, dans le même temps, qu’elle devra composer avec d’autres forces, si elle veut conserver le pouvoir au sein du parti lors du prochain congrès. Majoritaires au sein de la nomenklatura socialiste, les partisans du « oui à tout prix » sont en effet minoritaires dans les sections et la base est largement acquise à l’idée d’un référendum. C’est là que se situe le point fort de la stratégie de Laurent Fabius et de l’aile gauche du parti menée par Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, qui peuvent imposer un rejet du projet de loi constitutionnelle et le retour à la voie référendaire. Réponse prévue le 6 novembre, lors d’un bureau national, dont l’ambiance sera, n’en doutons pas, survoltée.
Tout en se gardant de tout triomphalisme, notons simplement que le vent de l’Histoire semble, depuis quelques semaines, à nouveau souffler dans le sens de la France. Le sursaut de l’opinion, que l’on perçoit nettement dans la rue comme dans les sondages, la détermination dont font preuve, parfois contre leur camp, voire contre leurs intérêts personnels, certains de nos dirigeants politiques, de Chevènement à de Villiers, de Fabius à Dupont Aignan, de Mélenchon à Myard, démontrent, en tout cas, que malgré Sarkozy, le pire n’est pas toujours sûr. Ce qui semble, en revanche, tout à fait certain, c’est que si le mouvement qui a conduit en 2005 le peuple français à se révolter contre un projet politique inept et des élites discréditées devait se reproduire en 2008, ce serait sans aucun doute le signe de la fin d’un monde et l’ouverture d’un autre. La première des vertus, comme disait notre Péguy, c’est l’Espérance. Travaillons pour pouvoir espérer !
HERVE DE MARANS.
PS : Le traité de Lisbonne aura fait une première victime, en la personne de Ségolène Royal. Celle-ci s’est littéralement ruée sur les micros, la semaine dernière, pour se féliciter du compromis trouvé par les 27 et appeler les Français à l’approuver sans délais et sans rechigner. En oubliant un peu vite qu’elle s’était prononcée tout au long de sa campagne pour une autre ligne européenne et pour un nouveau référendum. Ceux d’entre nous qui avaient été séduit l’été dernier par un nom, un style, une certaine idée de la politique et de l’avenir du pays, en sont pour leur frais. Mme Royal rejoint pour nous le magasin des illusions du socialisme français. Il est vrai qu’elle s’y trouvera en bonne compagnie.
------------ intervention de JB. ALEXANDRE--------------------------------------------
Si sur la question européenne Ségolène Royal semble mal inspirée - sans doute l'influence de Jean-Pierre Chevènement manque ! - il ne faudrait pas, de mon point de vue, jeter l'anathème sur l'ex-candidate qui a prouvé - notamment dans une récente interview chez nos confrères de Libération - qu'elle avait bien analysé la nature profonde du pouvoir Sarkozyste, finalement profondément conservateur sous couvert de modernisme de pacotille. Et sur la question du referendum, il faut rappeler Ségolène Royal à ses engagements de campagne... point final.
jba
un président partisan

le 22 octobre 2007
J'avoue à la fois ma stupéfaction et mon immense contentement aussi, devant ces images d'un président de la République arrivant, dossier sous le bras, au siège d'un parti politique (l'UMP) pour y présenter devant le conseil national de cette formation (dont il fut le chef), le résultat des discussions de Lisbonne, sur l'avenir de l'Europe, sur ce fameux nouveau traité qui n'est pas mini et qui nous engage pour quelques décennies sur la pente glissante du fédéralisme atlantiste et de l'impuissance nationale.
Nous voici désormais revenus au mauvais temps du régime des partis ( les images en noir et blanc...), valse hésitation entre la IIIe République (puisque les radicaux sont toujours là et que les centristes mous jouent encore une petite musique), la IVe dans les thématiques européistes et la Ve pompidolienne avec une UDR de godillots. Mais, jusqu'à présent, aucun président de la République n'avait franchi ce pas : apparaître comme étant resté le chef d'un clan et d'une meute, renvoyant ainsi le reste de la population (non inféodée au dieu UMP) au néant, non informée, méprisée, balayée.
Les commentateurs, dès hier soir, ont estimé que jusqu'à présent l'hypocrise règnait en maître sur ce plan. Même Jack Lang, porte-parole officieux de la " pensée " sarkosienne, a souhaité que l'on en finisse avec cette ambiguité. Laquelle ? Reconnaître, enfin, que le Président de la République, n'est pas au dessus des partis... Quel aveux d'échec ! Certains gaullistes anthentiques se lamenteront sur ce qu'ils penseront être une dénaturation de la pratique présidentielle. Ils n'auront pas tort, sans doute. Mais, les institutions républicaines incarnées laissent un goût amer depuis longtemps. La haute figure du général de Gaulle a masqué ce risque de partisanerie. Il ne fallait s'attendre à rien de bon de la part d'un homme comme Sarkozy dont l'ambition n'est pas de faire vivre un régime stable, fédérateur et efficace mais de réussir... son quinquenat.
J.B.A
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Hubert Védrine 
a tout compris... ou presque
L'ancien ministre socialiste des affaires étrangères, Hubert Védrine était l'invité de l'émission le franc parler sur France Inter, le 1er octobre. S'il développe quelques idées novatrices sur la mondialisation dans le rapport qu'il vient de remettre au Président de la République, Hubert Védrine semble s'être entièrement converti à la cause des Etats nations et milite contre l'idéologie fédéralisme qui a pollué pendant trente ans les débats sur l'Europe. Dans l'interview qu'il a donné à nos confrères de France Inter-LCI et le Monde, il a tout bonnement jeté aux orties ces vieilleries de " peuple européen " que l'on aurait pu créer par le haut, il a plaidé pour des politiques européennes convergentes qui ne font pas disparaître les spécificités nationales, il a mis en avant la réalité du fait national, en rappelant que dans la compétition mondiale, seuls les " élites " occidentales croyaient encore en partie à son dépassement, alors que partout ailleurs dans le monde - de la Chine à l'Inde en passant par le Brésil et bien entendu par les Etats-Unis d'Amérique - la force des nations était perçue comme un atout et pas comme un archaïsme. Fustigeant le texte de la pseudo Constitution Giscard - mais ayant une forme de complaisance "réaliste'' à l'égard du mini-traité bidon que l'on veut nous représenter sans vote - l'ancien ministre a surtout insisté sur la nécessité pour les gouvernements européens d'abandonner les vieilles lunes constitutionnelles pour se concentrer sur ce que LES peuples de notre bonne vieille Europe veulent faire ensemble, sans abandonner leur souveraineté, sans brader leurs cultures, leurs langues, leurs traditions, bref, leurs génies nationaux finalement.
Dès que le texte intégral de cette intervention sera disponible, nous ne manquerons pas de le diffuser sur notre site. Car voilà une bonne surprise. Si seulement les autres dirigeants de la gauche de gouvernement reprenaient ces propos...
De toute évidence, il ne s'agit pas d'une conversion de dernière heure mais bien le fruit d'une réflexion. Même si Védrine a commis un rapport à la demande de la bande de libéraux mondialistes qui dirige l'Etat - provisoirement - on ne peut pas pour l'instant le taxer de rouler pour elle. Pour s'en convaincre d'ailleurs, il suffit d'aller à la source et de prendre connaissance du texte de ce rapport ( téléchargeable sur le site d'Hubert Védrine). Il est assez intéressant.
L'émission de France Inter est également à disposition sur le site de la station (rubrique Le franc parler). voilà qui est dit.
J.B.A
Monarchie et
ploutocratie
Depuis quelques jours se développe un débat assez vide de sens sur la nature du régime que le Président de la République tenterait de mettre en oeuvre de manière détournée avant de le faire avaliser d'abord par la commission de réforme présidée par Edouard Balladur (un grand moderne) puis de le proposer au vote des parlementaires.
Il ne faut évidemment pas confrondre la pratique médiatique de la fonction avec la réalité du contenu du pouvoir inscrit dans une Constitution. Valéry Giscard d'Estaing en son temps avait également voulu se présenter comme " moderne " en multipliant les apparitions télévisées " au coin du feu ", y compris avec son épouse, en allant dîner dans des familles françaises ou en allant le matin tôt partager les croissants avec les éboueurs. Ces bêtises n'ont pas duré longtemps. Et on ne peut juger une présidence à ces artifices.
L'actuel hôte de l'Elysée se regarde un peu trop gigoter sur les écrans, il aime visiblement jouer de cet extraordinaire instrument des médias qui n'a rien à voir avec le pouvoir réel.
Il n'est d'ailleurs pas complètement stupide et connaît trop bien les rouages de l'Etat croupion que les institutions européennes laissent subsister.
Ainsi, il engage un faux bras-de-fer avec la banque européenne en sachant parfaitement que ses coups de menton ne serviront à rien, sinon à faire croire à une partie de son électorat qu'il agit... Alors que ce libéral mondialiste se moque totalement de la défense de l'industrie française. La preuve ? Il prône dans le même temps l'adoption en catimini d'un " mini traité européen " qui reprend les lignes essentielles de la " constitution Giscard " et, en particulier, n'évoque à aucun moment une redéfinition du rôle et de la stratégie économique de la banque centrale. Autrement dit : son mensonge est patent.
Il en est un autre tout aussi agaçant. L'omniprésence du nouveau président dans les médias a fait renaître sous la plume de certains commentateurs le terme de " Monarchie républicaine ". Quel rapport entre cette fringale médiatique, cette frénésie égotiste et la tranquille assurance des monarques héréditaires dont l'une des forces était précisément un autre rapport au temps ?
La Nationfrancaise n'est pas là pour suggérer aux confrères des grands médias telle ou telle expression. Mais dans le cas du président actuel, celui de monarque ne convient guère. Il ne faut pas abuser des mots. L'extrême-gauche ne nous fera pas croire non plus que nous aurions basculé dans la dictature.
En cette rentrée - et pourtant beaucoup d'analyses nous séparent - c'est finalement le Béarnais Bayrou qui a porté les coups les plus vifs en évoquant cette proximité du pouvoir politique avec l'argent et même cette fascination qu'exerce sur le Président et son entourage la puissance de la finance internationale.
Il faut le dire et le répéter : ce n'est pas le risque de dérive monarchique qui nous menace, mais la ploutocratie. Le terme ne sent plus le soufre depuis longtemps. Il faut le repopulariser. L'alliance de l'or et des conservateurs est un risque très grand dans l'équilibre des pouvoirs. Nous allons le constater très vite.
J.B.A
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Le retour du vieux bonze - 
20 septembre 2007
Dans Libération puis dans Le Monde 2, nous avons eu droit aux " bons extraits " puis aux " bonnes feuilles " du livre de Lionel Jospin, intitulé " L'impasse"; tout un programme. Ce livre - que nous avons intégralement lu - ne marquera pas l'histoire de la pensée politique. C'est un petit opuscule sans trame, sans vrai projet, qui se contente de critiquer la campagne de Ségolène Royal et ne revient jamais sur les échecs successifs du candidat Jospin en 1995 puis 2002. Bref, il faut fuir ce type de livre qui n'apporte rien à la réflexion politique mais au contraire vient alimenter des polémiques aussi inutiles que stupides.
On aimerait connaître les analyses critiques de Jospin sur le dossier Corse, sur la laïcité, sur l'Ecole, sur le "minuscule" traité européen, sur la BCE, sur la politique étrangère ( version french doctor... à la mode Busch) : il est plus facile de tirer à boulets rouges sur les hommes et les femmes (la femme en l'occurence) qui ont bataillé contre le candidat de droite et n'ont guère obtenu le soutien du " sage Jospin". Il est sans doute vrai qu'on ne peut pas suivre une campagne électorale et prendre des notes pour rédiger un livre.
Certes. Mais le livre est très médiocre politiquement et ne livre aucune perspective, ce qui est tout de même dommage pour un ancien premier ministre. Sa retraite dans l'Ile de Ré - lieu magnifique pour réfléchir - aurait pu lui inspirer d'autres idées que de petites et stériles attaques personnelles.
Mais, finalement, à la réflexion, Jospin était-il capable d'autre chose ? Son positionnement poliique ne lui permet aucune liberté : il est inscrit dans une logique sociale et libérale de plus en plus évidente. Une logique qui, de notre point de vue, va inclure très rapidement, l'acceptation du traité simplifié ( certains dirigeants socialistes ont déjà posé des jalons ! ) et cette acceptation sera une ligne profonde de rupture à gauche comme à droite.
J.B.A
trop, c'est trop ! 11août 2007 
Les conditions grotesques de la rencontre Busch-Sarkozy devraient faire réflechir quelques électeurs conservateurs et anciennement gaullistes de ce pays.
Car enfin, un président de la République qui consacre sa première visite privée au chef d'état américain après avoir passé une semaine de vacances dans une luxueuse villa américaine et avoir affirmé qu'il était en phase avec le mode de vie américain : toute cette séquence très ostentatoire doit faire réfléchir.
Sans oublier l'effroyable aspect " people " de ce séjour : les bains dans le lac et les altercations avec les photographes, l'étrange présence de Rachida Dati - ministre de la justice - dont on ne sait pas par qui elle était invitée à partager la villa présidentielle ni quel est son statut désormais au sein du clan Sarkozy, l'absence de l'épouse du président français lors de la rencontre avec son homologue américain, sous prétexte d'angine blanche...
Certes, ces considérations parfois futiles - et Vincent Lebreton, qui tient à la bonne tenue géopolitique de ce site m'en faisait reproche - ne font guère avancer la réflexion sur les sujets qui vont s'imposer à la rentrée. Je suis entièrement en accord avec mon confrère et ami. Ne nous laissons pas envahir par ces images débiles : un président de la République torsu nu sur un bateau qui pointe d'un doigt rageur un photographe de presse, une Garde des Sceaux qui tente d'échapper à ces mêmes photographes (a-t-elle un problème ?)... et demain d'autres révélations sur ce qui se passe dans cette forme de Loft ...
Ainsi va la République. Ceux qui critiquaient l'ancienne France sont aujourd'hui servis. Désormais, puisque le pli anglo-saxon est pris, rien n'interdit de rire des frasques du petit homme de Wolfeboro qui se prend pour un star de cinéma mais qui va bien vite être repris au colbac par le réel.
Jean-Bernard ALEXANDRE
PS : lisez ci dessous l'Ami Américain...
" L'ami américain "
6 août 2007
J'avoue que j'ai hésité un instant avant de publier cet article en page France plutôt qu'en page Monde où mon camarade Vincent Lebreton l'aurait accueilli évidemment avec joie...
Car, ce Président de la République, fraîchement élu, qui vient passer ses premières vraies vacances aux Etats-Unis... je n'en croyais pas mes oreilles. Propriété luxueuse ( comme déjà le Yacht de son " ami Bolloré "), baignade avec la montre Rolex bien visible, course dans les sous-bois avec un vêtement siglé US, déclarations sur son amour pour l'Amérique : que cherche à démontrer Nicolas Sarkozy pour qui tout est message et signe ? Qu'il préfère les Etats-Unis de Busch à la vieille Europe : et bien qu'il y reste, en star exilée ! Qu'il nous fait la nique à tous, nous les pauvres imbéciles qui partent en vacances en camping, en meublé, en bungalow !
Cet étalage de clinquant, ce goût pour le mauvais goût, cette attirance pour l'argent et ses manifestations les plus ostentatoires, ce côté " nouveau riche ": voilà donc ce que signifiait la rupture dans le style. Imagine-t-on Charles de Gaulle prendre des vacances de ce genre ? Même les successeurs n'ont pas osé cet affichage grotesque qui dévalorise la fonction.
Sans être austère, l'exercice du pouvoir dans la forme prévue par la Ve République, est incompatible avec de telles clownesques équipées.
S'il n'est pas le monarque, premier serviteur, du moins le Président en exercice se doit à un peu de retenue. Il n'est pas un " people ". Il doit représenter tous les Français, surtout à l'étranger. Les riches - avec lesquels il aime se frotter - mais aussi les plus modestes qui ne peuvent pas comprendre cet affichage cynique.
Après bientôt trois mois de présidence, il serait temps que Nicolas Sarkozy cesse de se comporter comme un petit parvenu qui teste ses jouets et s'applique à utiliser le mandat qu'il tient du peuple autrement. L'opinion publique doit rapidement lui faire ce rappel à l'usage et à un peu d'humilité. Faute de quoi, si aucun interdit n'est posé, cet enfant-roi nous fera payer ses caprices.
J.B.A
La règle du P.I.J -
3 aout 2007
Vous ne savez pas ce qu'est le P.I.J ? C'est la règle d'or appliquée par la communication de Sarkozy depuis cinq et qui a été payante. Les déclinations du P.I.J ont été répétées sans cesse par le ministre-candidat et ses sbires dans un premier temps puis par le candidat tout seul et les grands médias qui le soutenaient dans un deuxième temps puis, depuis l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy sous forme de lois votées et de projets plus ou moins structurés.
Ces trois lettres signifient :
P comme Peur, I comme Individualisme, J comme Jalousie.
L'essentiel des mesures du programme de Sarkozy répondent à ces critères et sentiments que la propagande a fait naître et prospérer depuis quelques années dans le peuple français. Je ne vais pas entrer aujourd'hui dans le détail de cette analyse mais tout le monde peut s'exercer à appliquer cette grille de lecture sur les mesures et les programmes qui se profilent.
La Peur : celle des étrangers, des attentats, des délinquants, des menaces de toute nature. Un peuple qui est dominé par la peur distillée dans tous les journaux télévisés aura du mal a se projeter vers l'avenir, à l'envisager avec dynamisme et à revendiquer ses droits.
L'individualisme : là encore, la bande de Sarkozy flatte les insticts les plus médiocres. Chacun pour soi, " gagner plus ", " une France de propriétaires " ( alors qu'en fait, il s'agit de créer une France d'endettés à vie pour l'achat de baraques sans valeur marchande...).
La jalousie et la comparaison des situations : tel est le troisième moteur de la politique de ce gouvernement. Opposer les actifs et les chômeurs, les fonctionnaires et les salariés d'autres catégories, les bénéficiaires du RMI et les autres... j'en passe. L'objectif, là encore, est de diviser, de fractionner, de faire apparaître des lignes de fracture factices en les maximilisant afin de faire oublier " le paquet fiscal " et tout le reste des mesures antisociales qui se préparent et seront masquées par ces entreprises de mystification politique.
Pour ne pas se laisser faire : la vigilance intellectuelle permanente et la dénonciation sur tous les sites, blogs, journaux, de manière concertée, de ces mesures qui s'intègrent dans la politique du P.I.J.
j.b.A (bien énervé)
PS : rien de bon - 15 juillet 2007
Je suis dans un état de sidération : oh ! non pas provoqué par les mesurettes du gouvernement Sarko-Fillon qui a reculé sur nombre de sujets - la réforme de l'université, le service minimum, la loi sur la récidive - mais qui en revanche ne lâche rien sur le fameux " paquet fiscal " qui profitera essentiellement aux plus fortunés. Non, finalement, on ne doit pas s'étonner de ces reculades - qu'une partie de la droite ultra pourra analyser comme des trahisons - et de cette affirmation ultralibérale sur le fond.
Ce qui devrait préoccuper aussi les concitoyens - et nous ici à Lanationfrancaise cette question nous intéresse - c'est l'état des forces d'opposition. Depuis longtemps, nous n'attendions rien de bon de la direction du parti socialiste, incapable de choisir entre deux lignes sur la question de la mondialisation libérale et sur celle de l'europe supranationale car elle était trop liée à des calculs de gouvernance au sein du parlement européen, trop attachée à de vieilles lunes de la IVe république.
Depuis la défaite de Ségolène Royal et le sursaut des législatives, le parti semble reparti dans le cycle du déni et des cachoteries : comme après 2002 où les causes de l'échec n'ont pas été analysées, les dirigeants du PS s'orientent vers la même politique de l'autruche. Faire porter l'échec sur la candidate ou même sur l'organisation collective de la campagne serait somme toute assez commode, mais médiocre. En revanche s'interroger sur les choix dans le programme, sur l'incapacité de l'ensemble de ce parti à engranger les expériences du terrain, sur les lacunes énormes en matière de fiscalité, de politique européenne, de mesures sociales pour l'intégration... Même s'il faut admettre que la candidate socialiste, grâce à l'intervention à ses côtés de Jean-Pierre Chevènement, avait commencé à faire bouger quelques vieux dogmes hérités de l'époque Guy Mollet !
Ce travail d'analyse critique sur le modèle de société que la droite sarkozyste incarne n'est pas réservé à la gauche institutionnelle. Des sites comme celui-ci ont vocation aussi à apporter leur pierre à la déconstruction de cette illusion. Illusion méritoire selon certains puisque " le politique reprendrait le pouvoir " avec le nouveau chef de l'Etat, y compris dans les relations internationales. Illusion méritoire, mais illusion tout de même. En ne s'attaquant jamais aux vraies causes de la dérèglementation internationale et européenne, en faisant machine arrière comme on l'a vu au dernier sommet sur l'ensemble des demandes dont la France du Non était porteuse, Sarkozy est aujourd'hui un homme isolé et très vite les illusions vont laisser place à un champ de ruines.
Jean-Bernard Alexandre
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Un flop bleu - 30 juin 2007
Chose promise, chose due. Je ne voulais pas interférer dans les élections législatives. Les sondagiers et leurs mensonges, les grands médias et leurs chroniqueurs grassement rémunérés ont suffi à bien polluer le débat. Il n'était pas nécessaire que le modeste publiciste de La nation francaise - ne recevant pour toute rémunération que le droit de poursuivre sa mission jusqu'à ce que le combat national soit achevé - participe à cette curée bien médiocre. D'un côté, des Umpistes arrogants, de l'autre des socialistes hallucinés prêts à se jeter sur la plus petite TVA "sociale " pour regagner le coeur de l'électorat populaire qui avait voté massivement pour Ségolène Royal.
Les Dames soleil des instituts affirmaient que la victoire de la droite conservatrice serait écrasante ( jusqu'à 500 députés sur 577 avons-nous lu dans les gazettes sérieuses). Au soir du premier tour, l'euphorie était de mise dans les beaux quartiers : plus de 100 députés de droite élus dès le premier tour et l'espoir de laminer cette opposition qui osait réclamer une petite place.
Entre les deux tours, la droite qui fut qualifiée autrefois de " plus bête du monde ", était en proie à ses vieux démons : un pas en avant, deux pas en arrière sur les prélèvements obligatoires, des paroles et aussitôt des démentis, des effets d'annonce... Bref, rien de très en rupture avec l'ère Chirac. Ajoutez à ceci l'affirmation qu'il n'y aurait pas de '' coup de pouce '' au Smig pour contrebalancer le " paquet fiscal '' pour les plus favorisés (globalement), et vous aviez tous les ingrédients pour que la " vague bleue " du second tour ressemble à un '' flop bleu ''.
Faut-t-il s'en réjouir ? Les enjeux sont désormais très aténués avec quinquenat et l'inversion du calendrier. La vie parlementaire en France se limite à quelques batailles sur la forme le plus souvent. S'il avait fallu attendre les parlementaires pour sentir un frémissement hostile et majoritaire dans l'opinion face au traité de pseudo-Constitution Giscard, nous en serions aujourd'hui à mesurer les dégâts de ce texte supranational sur notre économie.
Et à l'avenir, je n'ai pas le sentiment que sur cette question centrale, nous allons être mieux défendus. Combien de députés de gauche s'opposeront réellement à un vote sur un " traité minimun " si ce texte venait à être présenté ? Les communistes, l'unique député du Mouvement Républicain et Citoyen. A droite, les élus du Mouvement pour la France - maintenus sous respiration artificielle par l'UMP - et une petite poignée de Gaullistes qui ont accepté de soutenir malgré tout Sarkozy, viendront s'adjoindre à cette modeste digue.
Tout le monde - à gauche, comme à droite (ce qui est ubuesque pour la droite ! ) - souhaite une " refondation " de la gauche française. En espérant qu'elle soit " plus moderne ", " moins engoncée dans ses dogmes ", " plus ouverte sur les questions de la mondialisation ", " moins frileuse sur l'Europe ". Bref : une gauche qui serait à l'image de la droite, sauf l'affirmation de quelques valeurs floues.
Voilà une vie politique bien terne qui est proposée. Faudrait-il aussi que les royalistes n'espèrent plus le retour du roi ? Que les souverainistes abandonnent l'idée saugrenue que les peuples aient le droit de disposer d'eux même ? Que les altermondialistes renonçent à chercher une autre forme de développement planétaire et que, comble de tout, les libéraux estiment stupide que la politique soit dominée par les lois intangibles du marché, dont ils ne savent d'ailleurs pas déterminer les règles ?
Il ne faut pas désespérer du Politique, au sens du service collectif de la cité. Les élections apportent souvent de petites pierres à cette idée d'une vie citoyenne qui échappe, comme l'eau trouve toujours sa voie dans la terre et dans le sable, au diktat des puissances de l'argent.
Jean Bernard Alexandre
"s'appuyer contre le ciel " 16 mai 2007 -
J'ai bien écouté les discours de Nicolas Sarkozy qui se voulaient consensuels aujourd'hui, à l'occasion de sa prise de fonction. Tous les symboles sont passés. Clémenceau, De Gaulle et le jeune Guy Môquet, fils d'un député communiste, proche des jeunesses communistes lui-même, arrêté par les nazis et fusillé le 22 octobre 1941 parmi 50 otages, en Loire-Atlantique. Les fusillés de Châteaubriant sont devenus des martyrs qui n'appartiennent à personne. Cet adolescent, pris dans la tourmente de la guerre, est mort à 17 ans. Il n'aura connu ni l'effondrement du nazisme ni celui de ses idéaux communistes tout aussi désastreux dans leur mise en oeuvre pour les peuples qui eurent à subir une dictature effroyable.
Vouloir faire lire la dernière lettre de Guy Môquet à ses parents avant son assassinat dans tous les lycées de France relève d'une étrange gageure. L'intention de Nicolas Sarkozy est louable, a priori. Elle devra être accompagnée d'une explication historique circontanciée sinon elle prendra le risque de sombrer dans le pathos.
Mais surtout, pour être tout à fait au clair sur ces questions de Résistance, d'occupation, de collaboration, il faudrait que Nicolas Sarkozy, qui aime la synthèse jusqu'à un certain point, cesse d'opposer aujourd'hui les Français les uns contre les autres comme le gourvernement de Vichy le fit pendant quatre malheureuses années. Ne plus désigner " les syndicalistes ", les " droit-de-l'hommistes ", " la gauche ", les " soixante-huitards " comme étant les fauteurs de tous les crimes constituerait déjà un grand progrès dans son registre de rassembleur.
Dans son fameux discours du mois de janvier où il évoquait déjà la figure de Môquet, Nicolas Sarkozy, emporté par la lecture d'un texte qu'il n'avait pas écrit, lança : "... Ma France, c'est celle des Français qui votent pour les extrêmes, non pas parce qu'ils croient en leurs idées, mais parce qu'ils désespèrent de se faire entendre." Sur quelle thématique, ces Français voulaient-ils donc se faire entendre ? A propos de ce non-dit de la xénophobie et du racisme - alors que des actes et des paroles de Nicolas Sarkozy l'encouragent depuis des années au point d'en décomplexer l'usage - il serait utile de dresser une archéologie complète. Elle serait édifiante. Elle ferait frissonner d'horreur tous les Georges Mandel, les Léon Blum, les Jean Moulin et tous les jeunes Guy Môquet qui se battaient pour ne pas voir réapparaître, même sous la forme de l'esquive et de la récupération, les plus viles formes de l'exclusion.
Sur ces questions sensibles, je pense aujourd'hui plus que jamais que l'on ne peut pas dire tout et son contraire : s'appuyer " contre le ciel ", comme l'écrivait René Guy Cadou dans le poème qu'il consacra aux fusillés de Chateaubriant et vouloir faire appel à des forces telluriques profondément enfouies et mauvaises, de rejet et d'égoïsme, qui n'ont rien à voir avec cette légèreté du sacrifice pour la patrie.
Jean-Bernard ALEXANDRE
La juste colère de Georges Sarre 14 mai
Le responsable du Mouvement Républicain et Citoyen, Georges Sarre a publié le 11 mai , le communiqué suivant : " La décision de la Commission de Bruxelles de demander à la France d’autoriser d’ici à neuf mois toutes les banques privées à distribuer le Livret A, est une nouvelle application du dogme européiste et ultra-libéral : tout doit être soumis à la concurrence, dans tous les domaines, et les Etats ne doivent plus avoir aucune latitude pour laisser au secteur public, ou aux entreprises à participation publique, la moindre situation de monopole, même justifiée par l’intérêt général. Si le gouvernement français se soumet au diktat de la Commission, les conséquences seront dramatiques pour la Poste, dont les bureaux, surtout dans les zones rurales, font des opérations sur les Livrets A une de leurs activités principales. D’autre part, la réorientation vers d’autres produits d’épargne des clients de la Poste et de la Caisse d’épargne possédant un livret A, aura des répercussions négatives sur le financement du logement social et de la rénovation urbaine, largement financés par cette collecte d’épargne. C’est pourquoi le gouvernement doit s’opposer par tous les moyens à la décision de la Commission, et pour commencer, en déposant un recours devant les juridictions européennes compétentes."
Georges Sarre a parfaitement raison mais son interpellation du gouvernement français (lequel ?) est un peu vaine. Ce ne sont pas les ministres actuels qui vont faire ce travail et encore moins les prochains, acquis totalement à la logique ultralibérale. Il faudra donc inventer d'autres formes de mobilisation que l'interpellation des gouvernants pour défendre les services publics et l'accès égal pour tous au service bancaire.
Un prétendant qui dérape ?
8 mai 2007
Devons-nous réviser notre jugement du 14 avril (lire ci-dessous) à propos de l'intelligence politique des royalistes ? Certes le comte de Paris n'est pas un royaliste - au sens partisan du terme - mais il devrait assumer l'ensemble des sensibilités qui traversent ses actifs soutiens et ne pas se laisser bercer par l'air du temps qui n'est pas parfumé de progressisme et d'humanisme en ces temps obscurs.
Nous n'avions pas voulu l'évoquer encore - car la campagne présidentielle n'était pas achevée - mais il faut reconnaître que la prise de position du chef de la maison de France en faveur du candidat de la droite conservatrice nous a surpris. En quoi le " descendant des rois qui en mille ans firent la France " était-il obligé de prendre position dans cette élection ? Certes son père l'avait fait mais dans un tout autre contexte.
Est-ce le patronyme de la candidate socialiste qui l'agaçait ? Pensait-il que les médias étrangers allaient imaginer que les Français éliraient en elle une " princesse royale " ?
Arrêtons de plaisanter. L'argument utilisé par le prétendant au trône laisse un peu pantois : " Il veut renouer avec un rêve français ", a-t-il dit à propos du candidat de la droite.
Mon prince, seriez-vous assez aimable pour nous dire de quel rêve il s'agit et si le réveil ne sera pas trop difficile ?
Dans l'univers du Sarkoland qui se dessine, nous ne voyons pour notre part - modestes manants du roi - rien de très enthousiasmant. Ni le truisme " travailler plus pour gagner plus " (encore heureux !), ni la contestation abrupte du code du travail, ni les cadeaux fiscaux aux possédants de patrimoine, ni la pseudo " discrimination positive ", ni la perspective d'un " mini traité institutionnel européen " voté à la va-vite par les députés, ni cette proximité du pouvoir avec les puissances de la finance, ni cette tentation atlantiste et libérale (et nous pourrions en ajouter car nous avons pris soin de lire les programmes plutôt que de nous en tenir à des postures), bref rien de tout ceci pour des patriotes ne semblent de bonne augure. Mais peut être sommes-nous dans l'erreur et que ce prince nous remettra dans le droit chemin ? Nous espérons qu'il nous rassurera rapidement.
Des royalistes intelligents ? 14 avril 2007
Tous les royalistes ne seraient donc pas des fans de l' Ancien régime ni des petits fafs stupides ? Pendant longtemps une partie du courant souverainiste voyait avec méfiance ces militants " venus d'une autre planète " : et pourtant, ils se révèlent souvent d'excellents porteurs de messages, de bons tribuns, attachés d'abord à " défendre l'héritage " avant de clamer leur attachement " à l'hériter ". Bref, les royalistes - même si parfois il agace par leur folklore pesant - sont de précieux atouts pour la cause nationale.
Surtout, peu d'entre eux, ont été gagnés par la fièvre populiste. Si dans les premières années flamboyantes le Front National a attiré des monarchistes en mal de reconnaissance sociale, le courant semble désormais tari. Il suffit pour s'en convaincre de lire l'article de Hilaire de Crémiers, délégué de la Restauration Nationale - l'une des chapelles du royalisme - consacré à l'Extrême-centre : " Le Pen a beau jeu de vouloir apparaître comme celui qui tranche - et l'exercice est amusant et aisé -, mais le système est tel que le candidat anti-système ne peut rien faire d'autre comme résultat concret que de renforcer le système. 2002 en a été l'llustration ; 2007 confirmera l'exemple. Et Villiers est condamné au même sort. Les candidats de l'extrême-gauche par leur participation apportent leur caution à la Répubique bourgeoise sur laquelle ils crachent à qui mieux mieux." (paru dans Politique Magazine, numéro 50).
Le constat est intéressant même s'il faudrait aller au delà de la conclusion habituelle des royalistes : hors du roi, point de salut ! A quand, une nouvelle Enquête sur la Monarchie qui permettrait - ne nous avançons pas ! - de dire si le pays - ses décideurs, ses petites gens, ses intellectuels - s'inscrit ou non dans cette perspective institutionnelle qui n'est pas totalement absurde si l'on en croit ce fort besoin exprimé d'unité nationale.
Dommage pour Dupont-Aignan !-17 mars 2007
Le système de sélection des candidats à l'élection présidentielle est bien injuste (même s'il en faut bien un) : les candidats extrémistes comme Le Pen et Besancenot ont obtenu leurs signatures d'élus - dans la dernière ligne droite - avec sans doute le soutien des grandes formations politiques des camps opposés. Mais pour faire quelle campagne ? Le Pen pour prôner une fois encore une soit disante " préférence nationale " et l'exclusion des immigrés et le candidat LCR l'impossibilité pour lui et ses camarades de s'inscrire dans une dynamique de rassemblement à gauche puisqu'il s'interdit de participer à un gouvernement avec d'autres formations " de la gauche libérale ".
Ces deux voies sont des impasses politiques, comme la voie Laguiller d'ailleurs même si la candidate est humainement respectable. Même voie de garage pour le candidat des chasseurs et des pêcheurs : si certains des thèmes abordés par son mouvement sont intéressants ( quelques traditions locales que Bruxelles ne respecte pas et le souci de la ruralité, essentiel en ces temps moroses), tout ceci ne fonde pas une vraie politique.
Dommage en revanche que Dupont-Aignan ait été contraint de jeter l'éponge, faute d'avoir pu rassembler les signatures. Victime des médias qui ne s'intéressent qu'aux grands candidats, celui qui incarnait une certaine idée de la République ne sera finalement pas candidat. Il aurait pu faire entendre une petite musique différente de celle de Sarkozy - sur l'Europe, la laïcité, le respect de la constitution - et même de de Villers qui s'embourbe trop dans les terres d'une ultra-droite passéiste et parfois nauséeuse.
Encore une fois, la défense des valeurs nationales - et même de l'identité, osons le mot en ces temps démagogiques - n'oblige pas à désigner les étrangers comme les fauteurs de tous les troubles et de tous les tourments. Rien n'est plus faux, rien n'est plus hypocrite. Les nations sont faibles en raison de la faiblesse de leurs institutions et des hommes qui les incarnent. Les peuples sont fragiles parce qu'ils ne disposent plus du pouvoir de décider de leur destin et qu'ils craignent à chaque instant d'être submergés par des forces qui sont, au contraire, animées par un désir de domination.
La campagne électorale, malheureusement, va se borner une fois de plus à décrire des symptomes, à souligner des manques, à pointer du doigt des absences. Elle n'abordera qu'à la marge la question centrale, pour un Etat-Nation comme la France, de l'autonomie de la prise de décision, de la souveraineté de ses élites politiques et de la possibilité pour son peuple de s'exprimer sur les questions qui vont pser vraiment à l'échelle du continent.
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