PREMIÈRES ASSISES DU ROYALISME FRANCAIS
Si vous avez des avis à donner, des suggestions à faire au sujet des prochaines Assises du Royalisme Français, merci de remplir le questionnaire anonyme que nous mettons à votre disposition.
FAITES ENTENDRE VOTRE VOIX!
http://assises.monarchiste.com
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Voici le texte que nous a proposé Royal-artillerie pour le débat sur les assises du royalisme. Vous pouvez, bien évidemment, réagir à ce texte.
26.1.09
Ponter la Querelle dynastique
Les Assises du royalisme se tiendront du 8 au 9 mai 2009 à l'initiative de Gérard Leclerc du Groupe de Liaison Royaliste (GLR) pour tenter d'aboutir à une «déclaration fondamentale » reconnue par toutes les composantes de la galaxie royaliste. Le site de La Nation Française s'est impliqué depuis le mois d'octobre dans la mise en ligne de déclarations, commentaires et projets, assez rares jusqu'ici. Il semblerait, vu de loin mais l'affaire est discrète, que seules une ou deux, voire trois, composantes de la mouvance royaliste se soient mises en route vers l'étoile de la Réconciliation. Il est bien plus de chapelles en l'Eglise du Roi.
Modérateur d'un forum royaliste, j'observe que la querelle dynastique surgit dans beaucoup de rubriques et détourne les débats d'idées vers une confrontation des principes et lois fondamentaux, chacun des polémistes ayant exclusivement les bons. Les Assises n'y échapperont pas, sauf à ne réunir que le parti d'Orléans, à ce que pourrait montrer la liste des participants déclarés maintenant. Tenté de me faire une religion au travers des arcanes disponibles, j'en suis venu à la conclusion qu'il n'y en avait pas ... de conclusion. Les deux traditions royalistes françaises sont irréconciliables, ceux qui passent de l'une à l'autre, quelque part trahissent leurs convictions à divers motifs dont le plus fréquent est une immense lassitude, mais le plus souvent ils quittent le mouvement sur la pointe des pieds, ayant synthétisé sa vanité.
Pour les civils, rappelons brièvement les positions antagonistes :...
Les légitimistes¹ considèrent que la royauté française est dans la main de Dieu, successible dans l'ordre de primogéniture mâle hors de toute emprise des princes. Aussi, les déclarations ou renonciations des titulaires de la charge suprême ne gardent qu'un intérêt historique mais n'influent pas sur le choix transcendé, la monarchie étant de droit divin. Drapeau blanc. Lire aussi le Manifeste.
Les orléanistes² revendiquent la modernisation de la monarchie classique française enrichie des avancées procurées par les Lumières et obtenues sous la période révolutionnaire et impériale, et ils actent les déclarations et renonciations des titulaires successifs de la couronne (sauf celles de Philippe-Egalité qui n'était pas en charge). Ils ont appliqué leurs principes libéraux de gouvernement sous la Monarchie de Juillet, et après ce "stage", se sentent les seuls français de tous les Capétiens pour avoir résidé en France plus longtemps que tous les autres. Ce qui est vrai. Drapeau tricolore. Lire aussi l'édito de Michel Acosta sur le site de l'IMRF.
On voit bien qu'il y a deux traditions distinctes. Les caricatures de l'époque charnière - usurpation de 1830 - montrent que l'opinion faisait bien la distinction, suggérée d'ailleurs par la presse d'alors, qui voyait dans le Bourbon l'alliance du trône et l'autel pour l'exploitation des classes laborieuses, et en Orléans le développement économique dans un faisceau de libertés individuelles au profit de tout le peuple. On oubliait que le comte d'Artois devenu Charles X avait été un défenseur des réformes institutionnelles de Calonne dès 1786 (fin des 3 ordres), réformes audacieuses inspirée par Turgot, qui auraient vidé la Révolution de ses motifs.
L'avenir fera déchanter peuples et sponsors : la grande bourgeoisie d'affaires avalera tout cru les régimes successifs et mettra dans ses sweetshops des générations de travailleurs, travailleuses, sur le modèle anglais d'exploitation sans frein de la classe ouvrière, jusqu'au front populaire de 1936.
La querelle dynastique vient de ce que ces positions doctrinales assez tranchées ont bougé en 1883 à la mort sans postérité du comte de Chambord par la décision de la famille d'Orléans d'embrasser toute la succession. Bien que le roi Louis-Philippe ait rompu le fil dynastique en brisant le pacte familial et en se proclamant roi constitutionnel des Français au lieu de "roi de France et de Navarre", il y eut de la part de ses héritiers un geste hégémonique visant à "encaisser" la tradition légitimiste, dans le but louable certes de fédérer tous les cercles royalistes et, sans doute aucun, d'exiler les prétentions éventuelles de la seconde branche aînée dite des Blancs d'Espagne suffisamment occupés, à leurs yeux, par la chicaya carliste. Bien que cette attitude contrevînt aux lois fondamentales stricto sensu du royaume, royaume alors fermé pour cause de surdité depuis 35 ans, elle eut pu être comprise de chacun dans le but d'une restauration prochaine si elle ne s'était ensuite assortie de provocations, à mon sens inutiles, visant à établir et consolider la primauté de la branche cadette "par tous moyens même légaux". Les procès postérieurs au Millénaire Capétien de 1987 n'améliorèrent pas l'image du royalisme, la primauté d'une simple prétendance sur ses concurrentes étant puérile dans l'état de désintérêt manifeste de notre population à l'endroit de la royauté depuis, disons, la guerre de 14.
Cent vingt-cinq ans de sédimentation aboutissent aujourd'hui à la mise en cause dynastique de la famille de France par près de la moitié des royalistes français. Les griefs sont une longue liste et je vous en fais grâce tant ils sont destructeurs, mais recevables. C'est pour moi, un échec en France du "parti du roi", du même tonneau que celui qui a fait avorter la restauration de 1873 par la dispute des deux groupes royalistes, comptant chacun le même nombre de sièges, et majoritaires ensemble à la Chambre des députés. En 2009, nous en sommes toujours dans un rapport de 50-50 mais les effectifs ont fondu ; et comment !
Si les Assises du royalisme ne constatent pas la situation d'échec centennaire, elles ne sauront promouvoir les voies et moyens de la renaissance de l'idée monarchique au XXI° siècle en France. Mais deux jours suffiront-ils ? Le résultat des assises du GLR 2008 de Sommières ne laissent d'inquiéter puisqu'elles n'ont pas dépassé le jeu de chaises musicales au sein de l'AF en crise. On ose croire que la RN viendra avec ses organisations vivantes comme la FRP et l'URBVM. Les organisations légitimistes convergeront-elles sur les Assises de mai ? Si les cercles de l'UCLF, si l'Institut de Bourbon, Lys de France, la Charte de Fontevrault et j'en passe une douzaine, ne viennent pas, c'est la moitié du paysage royaliste français qui manquera. Et je ne parle pas des sites de référence comme Maurras.net, ViveleRoy.fr, les Amis de Guy Augé, l'Institut des sciences historiques, qui n'apparaissent pas encore dans ce rallye³ bien qu'ils aient des intentions de promotion de l'idée royaliste, pas non plus des sites personnels actifs comme Le Trône & l'Autel, ou des publications de qualité comme Le Lien Légitimiste.
Pourtant dans le faisceau d'espérances royalistes il y a place pour deux projets, deux schémas, un choix. La solution décantera d'elle-même. L'élu sera non pas le premier à Reims mais le dernier à Paris. Dans cette attente, il ne s'agit que de revenir aux traditions divergentes identifiées au début de ce billet :
Au Bourbon, le drapeau blanc, le droit divin, la charte, la doctrine sociale du comte de Chambord, la publicité de l'exercice de la religion, les valeurs traditionnelles naturelles, le renfort d'un second ordre rénové en attendant le ralliement du premier, la bénédiction du saint siège ... et on prend l'écu d'Anjou en attendant l'embellie ...
A Orléans, le drapeau tricolore, la constitution actuelle amendée dans ses dispositions concernant le chef d'Etat (comme l'avait accepté le défunt comte de Paris), les valeurs sociétales couramment admises, la laïcité fraternelle, la privatisation de l'exercice princier d'une éventuelle foi religieuse, le renfort du Capital, ... et on remet le lambel sur les armes de famille ...
Donnons à chacun sa chance pour le moment. Ce n'est au jour de l'accession que l'élu pourra se prévaloir "de France" et prendre les pleines armes qui vont avec. Est-ce si grave ces questions de blason qu'il faille assigner l'autre devant les cours de justice ? Ces titres d'attente sont-ils si précieux ? La vanité porte des œillères.
C'est l'état futur de décrépitude de notre pays qui dictera le choix d'un prince au moment décisif sans tenir compte des postures : certains y verront le doigt du Tout-puissant, d'autres la queue de trajectoire du Complot ; le pire sera favorable à celui des princes qui pourra assumer alors sur son seul caractère la charge de roi, souverain d'une nation ruinée et sans doute déchirée par l'insécurité intérieure. Les prétendants sauront dès ce moment que la fonction peut devenir un "malheur", comme le ressentait Louis XVI dans son testament de décembre 1792.
Celui qui résistera jusqu'au bout parmi le tumulte de Paris distancera tout contempteur et pourra envisager le voyage de Reims. Souhaitons que celui qui n'aura su accéder prenne alors bure et tonsure et prie pour le "gagnant".
Haut les cœurs, pour l'honneur, en avant pour souffrir !
En résumé, pour ceux qui ne lisent que les conclusions, deux offres monarchistes devraient cohabiter pacifiquement sur le marché politique en soignant d'abord leur notoriété. Par exemple : l'une voulant rétablir la charte de Louis XVIII et ressuscitant le royaume de France et de Navarre - on ne peut pas reculer plus loin sauf désintégration du noyau atomique ; l'autre actualisant la monarchie de Juillet sur le modèle des monarchies du Nord. Un code de bonne conduite règlerait** les questions intestines et l'axe de propagande en direction des cœurs à conquérir à l'extérieur de la mouvance des convaincus, en évitant les provocations internes qui nous ridiculisent. Les circonstances, certainement dramatiques de l'accession, feront plus tard le tri. D'ici là, les armes de France restent au roi ; les princes seraient bien inspirés d'attendre l'aboutissement de leurs ardeurs pour s'en saisir.
(1): Institut de la Maison de Bourbon
(2): Maison d'Orléans
(3): La Nation Française a listé les organisations suivantes :
- les Manants du roi
- la Nouvelle Action Royaliste
- le Centre Royaliste d’Action Française et l'AFE
- la revue « Les Epées »
- France Royaliste
- l'Alliance Royale
- la communauté « Monarchiste.com »
(*): la fantaisie étant cousine de la pacotille, nos Maisons seraient avisées, en attendant de régner en pleine possession des titulatures, de daigner faire le ménage dans les titres de courtoisie (ou d'attente) distribués comme des cadeaux en baril Bonux. Cette mascarade bourgeoise donne prise à nos adversaires qui n'en manquent par ailleurs pas.
(**): On pourrait confier la justice de paix royaliste à la Charte de Fontevrault qui est le seul pont entre les deux projets.
Le 29 décembre 2008
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Aller à l'essentiel
Il ne faut pas fléchir : malgré les écueils nombreux, nous ne devons pas renoncer. La cause est trop importante. Les premières réunions d'approche entre les différentes tendances du royalisme français ne sont pas très positives...Parlons clair. Il ne faudrait pas que le processus des assises tourne court en raison de querelles anciennes mal réglées. Il ne faut pas que telle ou telle obédience tente une OPA sur une autre. Il faut surtout que nous restions dans le concret : l'avenir immédiat. Il passe par des objectifs clairs : la presse royaliste et son avenir, la création d'une fédération politique, une déclaration fondamentale.
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le forum des assises du royalisme
La Nation française s’est engagée dans la préparation d’Assises du royalisme. Cette initiative a été généralement bien reçue par les amis et les camarades qui nous suivent – certains depuis maintenant près de deux ans – et il n’est de jour où nous ne recevions des appels, des encouragements, des contributions à ce projet. Avec la disparition quasiment complète de la vieille Action française, avec tout ce qu’elle comportait de souvenirs, de nostalgies mais aussi d’immenses ambigüités, la parole et les esprits se sont libérés. Il est désormais possible d’imaginer autre chose que ce qui existe. Mais quoi ?
Nous livrons aujourd’hui à nos lecteurs deux contributions, très différentes, l’une et l’autre intéressante. Celle du blog Royal-Artillerie, intitulée « Nécessité d’un projet » est issue de l’aile traditionaliste du royalisme. Elle a un double mérite : celui de s’affranchir du cadre intellectuel maurrassien et celui de poser clairement la question du « Que faire ?». On peut émettre de sérieuses réserves au projet proposé, on peut trouver – et c’est notre cas – qu’il n’apporte que des solutions incomplètes aux préoccupations de nos concitoyens et aux besoins de notre pays. Mais il offre aussi l’avantage de dessiner des pistes de réforme attendues, il exprime une vision décentralisatrice que beaucoup de Français plébiscitent, il dessine un schéma constitutionnel – celui d’une monarchie parlementaire – qui est le seul que nos concitoyens seraient à même d’accepter.
L’autre contribution nous est fourni par Antoine Clapas dans la récente livraison de l’excellente revue les Epées. Intitulée « le Royalisme politique : état des lieux », elle a elle aussi l’avantage de poser la question de l’avenir du royalisme en dehors des schémas ressassés. Clapas met notamment le doigt sur deux difficultés : difficulté des royalistes à offrir autre chose qu’une vision politique, certes satisfaisante au plan théorique, mais qui ne parle plus au Français, difficulté du royalisme à sortir de lui-même, à s’efforcer de comprendre le monde tel qu’il est et le peuple français tel qu’il aspire à vivre. Notre confrère François Renié lui apporte ses commentaires.
Nous publierons très prochainement d'autres contributions à ce débat.
Le comité directeur de Lanationfrancaise.net
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ROYAL-ARTILLERIE – 7 Octobre 2008
Nécessité du projet
La mort de Pierre Pujo fin 2007 aurait pu être l'occasion d'un aggiornamento des axes de propagande de la mouvance d'Action Française. Comme on pouvait s'y attendre, elle provoqua une nouvelle division de l'infiniment petit. Après la réunion du groupe de Liaison Royaliste de Sommières fin juillet, il a été décidé par les participants de faire place nette à Olivier Perceval pour reprendre la composante la plus active du mouvement dans l'espoir de fédérer les énergies vers un point de convergence unique.
Deux mois plus tard, à Jambles en Bourgogne, Olivier Perceval fait sa déclaration d'investiture.
On en retiendra qu'il faut tourner la page des fidélités exogènes qui ont plombé le combat royaliste et se méfier du nationalisme jacobin actuel qui n'est qu'une resucée du nationalisme révolutionnaire destructeur de l'ordre social au profit du seul économique, lui-même à la merci du capitalisme anonyme et vagabond mû par sa seule avidité. Quelques points de doctrine maurassienne utilement rappelés, l'orateur constate que les royalistes n'ont pas de projet et ne font plus de politique depuis que les chapelles dépensent toute leur énergie à légitimer leur angle d'approche militante. Il annonce donc l'analyse critique de nos faiblesses qui ne découlent pas de la "conspiration universelle" contre nos valeurs.
Bravo, mais je suis déçu.
L'analyse critique a été poussée à fond par deux fois, quand se créèrent successivement la Nouvelle Action française (aujourd'hui NAR) et le CRAF dissident de la Restauration Nationale. S'il fut jadis question d'ego irréconciliables la parthénogenèse fut à chaque fois provoquée par des divergences politiques. La cause de la non-réduction de ces fractures est tout simplement qu'aucun prince n'a voulu trancher le nœud gordien (appelé en Gaule sac de nœuds) en adoubant une chapelle et son axe de propagande, soit qu'aucun axe ne leur convienne jamais - c'est ma crainte - soit qu'ils ne veuillent rehausser plus encore l'ego de l'élu. Le seul à s'exprimer librement est Jean d'Orléans, mais son discours est fragmentaire et reste à distance du projet de restauration. Les ralliements à contretemps et les déclarations œcuméniques d'Henri d'Orléans ajoutent plutôt au désordre en confortant la diversité dans une convergence qui n'existe pas du tout.
Je crois que "le mot" du discours de Perceval est "projet".
Aucun parti politique ne vit sans projet sauf un syndicat de sortants. Effectivement, il n'y a pas de projet intelligible par un esprit moyen que l'on pourrait promouvoir largement dans l'opinion, sauf celui de l'Alliance Royale déroulé sur une plateforme politique complète (touffue) et carrée. N'y manque que le nom du roi.
Dans l'émission de Lesquen sur Radio-Courtoisie hier, la journaliste Dominique Paoli relevait (ce ne sont pas ses mots exacts) que la restauration n'interviendra jamais sans assentiment populaire et donc que l'on devait infuser dans l'Opinion l'idée royaliste. Je partage cette approche et la défends ici depuis le début de ce blogue. Si cette condition est vérifiée par les docteurs de la loi, elle oblige à un canevas institutionnel clair et vulgarisable. Or celui de l'Alliance est "cénaculaire" et, même avec des diagrammes comme ceux que Royal-Artillerie avait dessinés lors de la présidentielle de 2007, compliqué. Je propose cette esquisse de projet en surfant sur les évidences d'actualités qui condamnent l'éléphantiasis de l'Etat mais réclament en même temps du muscle et une juste compassion ; on peut développer chaque thème à l'envi.
(1) Pérennisation de la fonction de chef d'Etat pour retrouver un vrai symbole d'union nationale par la recherche d'un affect populaire, une dignité au-dessus des partis politiques et de leurs syndicats, le bénéfice d'avis et remontrances au gouvernement des gens par l'expérience acquise, pédagogie du Bien commun et proximité de l'Opinion, garant de la Justice.
(2) Restauration des pouvoirs constitutionnels du premier ministre qui redevient le vrai chef du gouvernement et s'attelle à résoudre les handicaps de la nation qui s'accumulent, dans l'optique d'un recalibrage offensif du pays.
(3) Réduction drastique des parlements national et régionaux et locaux dans le cadre de la réduction du train de vie de l'Etat préalable à la résorption de la Dette (une assemblée nationale de 300 députés est largement suffisante, un sénat entre 0 et 60 sénateurs aussi, fusion verticale des conseils régional et général).
(4) Réduction drastique de l'Administration nationale en rénovant et renforçant les services utiles à l'espace public. Sauvons la Poste
(5) Privatisation des syndicats, agences, partis, conseils, offices, officines, ligues et autres hauts-commissariats qui ne dépendront plus du budget national, mais de leurs adhérents ou usagers.
Comme on peut le voir, nous balayons ici devant notre porte, et ne nous soucions pas de l'Europe, de l'Otan, de l'OMC, de la stratégie de Big Oil et de tous ces loups-garous derrière qui se cachent les souverainistes, par ailleurs alléchés par la prébende strasbourgeoise (je pouffe). Il sera temps de revenir à la gestion des dépendances et contraintes quand la maison France sera propre et en ordre de bataille. Pour le moment, et par sa faute, elle est en train de disparaître dans le paysage mondial comme un hologramme !
Cet axe politique, s'il ne contredit pas celui découlant du catéchisme AF que défendent les Manants du Roi en récusant le terme dans leur compte-rendu du Camp Maxime Réal Del Sarte 2008, recentre les efforts sur l'os du problème et remet aux calendes la décoration dialectique convenue :
Pourquoi partir dans une propagande de sécession européenne, par exemple, qui pis est à l'époque de notre plus grande impécuniosité ? Que d'énergie dissipée en pure perte ! Laisser critiquer l'euro dans les organes royalistes est une ânerie, la piastre appelée franc français n'aurait pas résisté plus longtemps que le baht thaïlandais de 1997 aux bouleversements financiers actuels. Rechercher une autonomie militaire avec une armée squelettique, sans argent, dépourvue de moyens de projection, chiche en appui-feu mais asphyxiée par sa mexicanisation, est irresponsable dans ce monde dangereux ; c'est bien au contraire le moment de mutualiser les moyens existants tout en virant les surnuméraires de la piste aux étoiles.
On étudiera aussi avec profit le dernier discours de cadrage du président Pascaud de la Restauration Nationale qui bat le rappel des militants royalistes sous son aile pour former un soutien structuré au duc de Vendôme, ce qui est prendre la question par le bon bout : un chef, c'est lui, des moyens, c'est moi.
Mais ne nous trompons pas de combat.
Ne chassons pas le lièvre des causes sues perdues d'avance. Essayons plutôt de rechercher en tous domaines accessibles par la politique l'intérêt de la France, avant de promouvoir un corpus doctrinal un peu daté qui jusqu'à ce jour n'a jamais été testé en conditions malgré son impeccable cohérence
L'Etat français doit maigrir pour soulager la Nation de son poids et libérer l'énergie des enfants de ce pays magnifique encore. Est-ce si compliqué qu'il faille au contraire se ruer à la roulotte des diseuses de bonne aventure et prendre la remorque des partis démagogiques de l'île enchantée de Pinocchio ?
Brisons avec la rouspétance et la nostalgie stériles, et travaillons avec qui le voudra, de chez nous ou hors-bord, au format d'un Etat rénové qui, pour tenir debout et être respectable, nécessite ordre des choses le composant et clef de voûte.
Ce blogue va décanter quelques heures. Pause !
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LES EPEES – N°27 – Septembre - Novembre 2008
Place royale
Le royalisme politique : état des lieux
Hypothèses, suggestions, objections : cette « Place royale » a décidément pour mission de sortir du confort intellectuel. Pour avancer, il est quelquefois nécessaire d'aller contre soi-même.
Les gens sérieux se demandent toujours pourquoi les royalistes existent encore, à une heure où la couronne évoque le dentiste davantage que la tradition capétienne. Pourtant, cette nébuleuse continue à vivre à travers des revues, des magazines, des cercles, des colloques et des conférences, des commémorations et des fêtes.
Les raisons pour lesquelles des Français de 2008 se disent « royalistes » sont très diverses. Il y a bien sûr des héritages familiaux et des transmissions idéologiques qui se combinent avec un rapport théorique et/ou mystique au Prince. Il y a des royalistes « maurrassiens », et d'autres, marqués par Bernanos ou par Boutang; il y a des spiritualistes et des traditionalistes, des réalistes politiques et des ésotéristes... toute une variété qui apparaît sitôt que l'on cherche à détailler ce que le mot « royalisme » englobe aujourd'hui.
Crise ouverte
Le royalisme connaît une profonde modification depuis la disparition par à coups mais certaine de l'Action française, tandis que la NAR survit. On pourra toujours rechercher des raisons internes à cet affaiblissement, mais il faut bien avouer qu'il reflète le processus général d'atomisation et de dé politisation de la société contemporaine. Depuis la guerre d'Algérie, nous vivons la fin des grands récits, une certaine sortie de l'histoire, la diminution du rôle de la France dans le monde, le déclin du sens de la nation : phénomènes terriblement corrosifs pour l'imagination et la volonté. Sans mythe, sans épopée collective, sans rassemblement symbolique, un projet politique peut-il aboutir ?
Le déclin du royalisme politique n'empêche pas celui-ci de s'exprimer, on l'a dit, à travers une presse, un certain nombre de cercles et par le biais d'Internet. Mais la pérennité de ce courant est-elle assurée sans une visibilité à travers des mouvements politiques ? Certes, la recherche intellectuelle se poursuit : c'est aux générations de la NAR, à celles de Réaction et à celles des Épées de la garantir pour l'avenir. Mais avec une différence : autrefois, le royalisme était vivifié par des statures, c'est-à-dire, des auteurs reconnus au-delà de leur engagement politique grâce à leur étoffe intellectuelle : sans remonter à Maurras ou à Bernanos, on peut citer les noms de Gustave Thibon et de Pierre Boutang. Ces figures ont disparu et ne sont pas remplacées - ce déclin touche certes toutes les familles de pensée.
Ici, quitte à endurer l'ire de certains lecteurs, je voudrais ne reculer devant aucune question. Non pas pour caresser la mort, mais pour prévenir contre des masques. Sans doute, une certaine forme de royauté me paraît a priori préférable à la démocratie républicaine dans laquelle nous vivons. Mais il faut se demander honnêtement si l'évolution du royalisme n'indique pas une crise plus profonde, qui affecte sa possibilité même. Elle tient au fait que l'attachement au « roi » constitue une fidélité plus qu'un projet politique et social, et que la France n'est plus en monarchie...depuis 1848 ! Le Roi s'est fait imperceptible, rangé parmi les figures de l'histoire. Autrement dit, en monarchie, il n'est pas sûr que l'on ait besoin du royalisme : le lien au Prince, le consentement sont là. Dans une situation comme la nôtre, le royalisme politique devient une nécessité un peu paradoxale, en mettant de l'idéologie là où devrait exister une forme d'habitude et de confiance. Il ne remplace pas le roi et peut interférer avec le dialogue que le Prince doit en principe entretenir avec son peuple,
Le moins que l'on puisse dire, c'est que pour la plupart de nos compatriotes, la question de l'adoption du gouvernement monarchique ne se pose pas, parce que le Prince n'est pas assez connu et que la parole royaliste est rejetée du débat. Elle renvoie le plus souvent à une vision péjorative de l'histoire de France. On répliquera que c'est moins le royalisme qui est en crise que le Politique lui-même. Cette appréciation paraît assez exacte, mais elle sous-estime peut-être la crise : l'autonomisme et l'atomisation démocratiques peuvent en effet se contenter de cette situation, rejeter monarchie et république du côté de l'archaïsme, parce qu'elles sont liées à une certaine organicité de la collectivité humaine. D'autre part, le déclin du républicanisme ne coïncide pas nécessairement avec une remontée des possibilités royalistes : ce serait faire fi de cent cinquante ans de tradition républicaine, qui imprègnent les catégories généralement en vigueur. Ces positions sont enfin malmenées par l'insignifiance du monde moderne.
Une vérité théorique
En 1989, Roland Mousnier rappelait devant une assistance que les principales conditions étaient réunies pour que la France retrouve une monarchie : une famille princière et un peuple. La philosophie (ou la théologie), l'histoire et la littérature possèdent toutes les armes nécessaires pour défendre la légitimité d'un gouvernement monarchique : de Platon à Saint-Thomas d'Aquin, de Bodin à Montesquieu, de Bonald et Maistre à Maritain, de Maurras à Bernanos, de Jacques Bainville à Boutang, les royalistes trouvent à leur disposition de formidables trésors intellectuels, qui tous apportent une certaine justification à la monarchie et à la fidélité personnelle qu'un Français peut entretenir avec son Prince. Monarchie constitutionnelle, parlementaire, démocratique, républicaine, toutes les combinaisons peuvent être envisagées grâce à l'effort conjugué de la pensée politique et du droit constitutionnel. L'avenir théorique est infiniment ouvert.
Mais l'enracinement dans la philosophie politique paraît d'autant plus marginal à l'heure du tout économique et financier. Il n'est nullement prouvé que la France ait un intérêt économique et social à redevenir une monarchie, ou qu'un roi ferait mieux qu'un gouvernement pour lutter contre la dette publique. Les puristes pourront dire : « tant mieux ». Mais les autres, qu'anime encore un esprit politique, pourront faire ce constat : les royalistes étant attaché à la forme du régime plutôt qu'à la forme de la société, n'ont rien de spécifique à avancer, dans leur argumentation, en matière économique. Ils ne possèdent pas les armes nécessaires pour proposer des formules sociales - étant, historiquement, attachés à des coutumes et à des pratiques vivantes plutôt qu'à des innovations. Le corporatisme n'est pas forcément une solution totalement dépassée, mais il ne peut sûrement pas constituer un modèle généralisé, ni étatique ; les royalistes sont malheureusement passés à côté des idées sociales du gaullisme ; la critique du libéralisme ne se conçoit pas de manière convaincante sans proposition d'un contre-modèle. Sur ce terrain, les royalistes sont contraints d'emprunter leur vocabulaire et leurs arguments tantôt aux libéraux, tantôt aux socialistes. En 1948, Pierre Boutang avait produit un ouvrage de philosophie politique majeur, et très neuf : La politique considérée comme souci. Il me paraît extrêmement significatif qu'il n'ait jamais écrit le second volet qu'il avait pourtant projeté : une théorie critique de l'économie moderne.
À vrai dire, jamais le royalisme n'a ressemblé autant - soit à du folklore, soit à de l'héroïsme. Le grand risque qu'il encourt aujourd'hui, pour toutes les raisons que nous avons vues, c'est de n'être qu'une vérité théorique. Une vérité démontrable, rationnelle ou mystique selon les tempéraments, mais participant intimement du retrait du politique. Une vérité éventuellement confortable et consolatrice, possédant en elle la virtualité de son accomplissement dans la réalité concrète, mais dépourvue de bras. Cette vérité risque de périr au sein même de sa théorie, par défaut d'incarnation. Le « roi » demeure une vérité bonne si l'on veut, mais le maillage politique du royalisme se rétrécit à mesure que les royalistes s'enferment dans le ciel des idées.
ANTOINE CLAPAS.
Réponse à Antoine Clapas :
Antoine Clapas nous invite à réagir à l’article qu’il a publié dans la dernière livraison des Epées et je réponds bien volontiers à son appel.
Un débat s’ouvre aujourd’hui sur l'avenir du royalisme, il se développe de façon constructive et c’est une bonne chose après tant d’années de crises, de brouilles, d’excommunions mais parfois aussi d’éclaircissements utiles. Il nous faut dans un premier temps multiplier les lieux et les occasions d’échanger, de concevoir et d’imaginer autre chose que ce qui existe, sans cadre préétabli et sans calendrier imposé. Même si elle n'était plus depuis longtemps qu'un fantôme, la vieille Action française a définitivement disparu et son implosion vient en quelque sorte de libérer les esprits et la parole. Profitons-en. Il faudra aussi - à un certain moment – que ce débat s'organise. La Nation française, les Epées, comme d'autres lieux, auront leur rôle à jouer dans cette étape indispensable. Mais nous n’en sommes pas encore là.
Deux points d'accord et une (légère) réserve par rapport au texte de Clapas.
Il a raison de dire qu’il appartient aux générations de la NAR, à celles de Réaction et des Epées de préparer l'avenir du royalisme. C'est là que le travail intellectuel, critique, s'est poursuivi, s’est développé, s’est enrichi depuis plus de 30 ans, que l'héritage de Boutang et de la Nation française a été accueilli et actualisé, que des collaborations fructueuses, que des amitiés se sont construites avec les meilleurs esprits actuels, de Gauchet à Rosanvallon, de Thibaud à Julliard ou à Finkielkraut. Conservons l'idée qu'il n'y a pas, qu'il n'y aura pas de royalisme sans laboratoire d'idées, sans aventure intellectuelle, même si celle ci doit être envisagée sur des bases complètement différentes du maurrassisme, en se libérant très largement de son enseignement.
Second point d'accord : avoir raison contre le reste du monde ne sert plus à rien, et a même quelque chose de profondément désespérant. S'il faut nous libérer du catéchisme maurrassien, il faut aussi nous affranchir d'une certaine praxis de l'Action française, celle de l'arrogance intellectuelle, du repli sur soi, d'un aveuglement certain vis-à-vis du monde. Clapas a raison de dire que pour l'immense majorité de nos compatriotes la question monarchique ne se pose pas, qu'elle est hors sujet, hors de leur champ de vision, qu'elle ne renvoie à aucune de leurs préoccupations. Cela signifie quelque part que nous avons sans doute trop déserté le champ de la politique, du social, de l'économie, du local. Et que l'idée de réduire le royalisme à un programme rationnel de gouvernement, à une constitution minimaliste qui rassemblerait tous les honnêtes citoyens - comme certains en caressent l'idée, à l'Alliance royale par exemple - n'a strictement aucun sens. Le royalisme n'a des chances de renaître que si les royalistes retournent sur le terrain, s’ils acceptent à nouveau d’intégrer l’ensemble du champ politique, s’ils cherchent à répondre aux questions de nos concitoyens et s’ils sollicitent leurs suffrages. J'en tire la conclusion - mais ce n'est peut-être pas celle de Clapas - qu'il n’y aura pas de renouveau du royalisme sans un mouvement (je n'ai pas dit un parti) royaliste, qui s'assume comme tel au sein de la démocratie française.
Ma réserve porte sur la conclusion de l'article. Je la trouve exagérément pessimiste. Je n'ai pas le sentiment que le royalisme se résume à ce dernier carré de folklos et/ou de héros. Je pense au contraire qu'il y a aujourd'hui tout autant de royalistes qu'après guerre et que dans les années 60 - les sondages qui sortent de temps à autres sur le retour de la monarchie semblent le prouver - même s'il y a sensiblement moins de maurrassiens. Un public sans doute plus divers, venant de multiples horizons politiques, sociaux ou spirituels - c'était là une des intuitions fortes de la NAR - , un public qui ne comprend pas notre absence du jeu politique et que nous ne savons pas accueillir parce que nous restons encore trop marqué par les schémas (ligue, cercle, clubs, groupes de jeunes, petites revues...) hérités du passé.
Quelle figure prendra ce nouveau royalisme : réussira-t’il à être en même temps un mouvement politique et un laboratoire d'idées ? Une force qui s’exprime au sein du système démocratique tout en gardant ses réserves vis-à-vis la tradition républicaine et jacobine ? Saura-t-il appréhender l'ensemble du champ politique et social sans tomber dans l'idéologie ? Aura –t-il le courage de prendre parti, de concevoir des réponses, tout en refusant l'esprit de guerre civile et les divisions entre Français ? Comment pourra t-il être dans le débat sans se couper des Princes ? Voilà les questions complexes, les défis qui s'offrent à nous. Il nous faut y répondre, sans en esquiver aucun. Car c’est à cette condition que notre débat portera ses fruits.
FRANÇOIS RENIE.